Manifestation pour sauver Sakineh, cette iranienne condamnée à mort pour adultère (alors qu'elle est veuve et puis quand bien même) en Iran.
Rassemblement le 28 août devant le Trocadéro à Paris à 12h00.
Plus d'info ICI
Et un rappel des faits.
Le cas de Sakineh n'est pas unique, loin de là. Et il n'est pas non plus inhérent à l'Iran. D'autres pays pratiquent ce genre de condamnation et si je soutiens cette manifestation en faveur de Sakineh j'ai peur qu'elle cache toutes les autres Sakineh de la terre et que la mobilisation retombe comme un soufflet une fois que cette "affaire" sera passée.
mardi 24 août 2010
vendredi 20 août 2010
La Festa!
Chaque année, chaque quartier de Barcelone organise une fête. La plus fameuse est celle du quartier de Gràcia qui a lieu en ce moment même. Cela ne pouvait pas se faire sans moi. Et je ne suis pas déçue.
Le programme est chargé est varié: concerts, séances de ciné, goûters pour les enfants avec activités et jeux, ateliers de danse, de peinture et maquillage, concours, etc. Pas de quoi s'ennuyer! Mais le must du must ce sont les décorations dans les rues. Les habitant-e-s du quartier ornent leurs rues avec une imagination débordante! Et que des produits recyclés! Ca m'a donné pas mal d'idées déco pour la maison. Je n'avais jamais pensé à tout ce qu'on peut faire avec une bouteille en plastique et des dosettes de Nespresso!





















Le programme est chargé est varié: concerts, séances de ciné, goûters pour les enfants avec activités et jeux, ateliers de danse, de peinture et maquillage, concours, etc. Pas de quoi s'ennuyer! Mais le must du must ce sont les décorations dans les rues. Les habitant-e-s du quartier ornent leurs rues avec une imagination débordante! Et que des produits recyclés! Ca m'a donné pas mal d'idées déco pour la maison. Je n'avais jamais pensé à tout ce qu'on peut faire avec une bouteille en plastique et des dosettes de Nespresso!
jeudi 19 août 2010
Taslima Nasreen restera en Inde
lundi 16 août 2010
Invasion
Alerte! Alerte! Les envahisseuses sont chez moi et je sens que ça va être dur de s'en débarrasser. Elles se faufilent partout et viennent me narguer en venant voler sous mon nez.

Elles ressemblent à ça:

Et oui, les mites ont débarqué! Pour l'instant je crois que ce sont des mites alimentaires mais j'ai peur que les mites des fringues débarquent aussi et si ça me fait un peu chier de jeter un paquet de farine, ça me ferait vraiment faire caca mou si je devais jeter mon manteau et mes pulls en laine. Je tiens à mes fringues. Je les soigne, les lave quasiment toutes à la main, ce n'est pas pour les laisser aux mites, non mais!
Un récurage des placards de la cuisine de fond en comble au vinaigre s'impose et peut-être de la naphtaline en prévention dans l'armoire. L'odeur de la naphtaline n'est pas géniale mais si c'est ça ou des trous partout le choix est vite fait. Au moins le temps de trouver un moyen radical pour faire fuir l'ennemie.
Et vous, vous avez aussi été envahi-e par ces bêbêtes? Vous avez pu vous en débarrasser?
mardi 3 août 2010
C'est vraiment pas leur faute
Je viens de lire cet article et j'y vois non pas un article sur une pathologie rare mais une nouvelle excuse servie sur un plateau pour les violeurs en puissance.
Regardez un peu comme c'est bien ficelé:
« Il m'a dit : “Suce-moi.” Il était à genoux sur moi, me maintenait les bras contre le matelas et tentait de me forcer à lui faire une fellation. »
Cette nuit-là, Fabienne s'est rendue compte que son copain était un peu sexomniaque sur les bords. Pas obsédé sexuel, juste sexomniaque.(...)
Pour Fabienne, cette nuit-là s'est soldée par quelques larmes, de grandes explications et le garçon en a pris pour trois semaines d'abstinence. Depuis, ils se sont mariés.
Comme c'est romantique! Une fellation forcée, un peu de larme de la belle parce que ça érotise le tout, un pôv petit gars qui est privé de sexe 3 semaines (mais quelle méchante alors cette Fabienne) et un mariage.
Le gars est "juste" (ouf, rien de méchant donc) sexomaniaque comme celui qui a violé son amie:
JB, 22 ans, reste dormir sur le canapé d'une copine. Dans la nuit, la jeune femme sent qu'on lui touche les seins. Le garçon finit par la violer et s'en va comme si de rien était. Traumatisée, elle se lève. Au moment de partir, elle croise son agresseur debout dans le couloir, le regard vide. Le lendemain, c'est la police qui réveille le jeune homme et l'arrête pour viol. Il affirme n'avoir aucun souvenir de ce qu'on lui reproche. Il sera finalement acquitté. Heureusement pour lui, les expertises médicales ont pu prouver qu'il souffrait de sexomnie, ce qu'a confirmé le témoignage de ses ex-petites amies.
Heureusement pour lui bien sûr. Et pour la fille? Bah on fait pas d'omelette sans casser des oeufs hein! Et puis c'est bien connu, les filles même quand elles disent non, elles finissent toujours par prendre leur pied ces salopes.
Je ne nie pas qu'il y ait des pathologies bizarres et glauques et qu'il ne faille pas les prendre en considération mais je n'accepte pas qu'on les présente de cette façon, toujours en prenant des exemples de violences sexuelles d'hommes envers des femmes et en les banalisant et les rendant acceptables, voire romantique (Fabienne qui se marie avec son violeur...). Bizarrement, si cela n'a aucun lien avec la sexualité "normale" du malade, pourquoi n'y a 't-il pas de femmes sexomniaques citées ici? Une femme qui coupe la bite de son mari qui la viole et la bat pourra-t-elle aussi invoquer la sexomnie? Ou restera-t-elle une salope?
Ce n'est pas le 1er article du Rue89 qui me fait bondir depuis quelques temps. Dommage parce que certains posts sortent un peu de ce qu'on lit dans les autres medias et je les trouve excellents mais l'arrivée de ces articles misogynes me pousse à aller voir un peu plus ailleurs.
Et devinez? C'est une femme qui a écrit cetordure oups pardon article.
Regardez un peu comme c'est bien ficelé:
« Il m'a dit : “Suce-moi.” Il était à genoux sur moi, me maintenait les bras contre le matelas et tentait de me forcer à lui faire une fellation. »
Cette nuit-là, Fabienne s'est rendue compte que son copain était un peu sexomniaque sur les bords. Pas obsédé sexuel, juste sexomniaque.(...)
Pour Fabienne, cette nuit-là s'est soldée par quelques larmes, de grandes explications et le garçon en a pris pour trois semaines d'abstinence. Depuis, ils se sont mariés.
Comme c'est romantique! Une fellation forcée, un peu de larme de la belle parce que ça érotise le tout, un pôv petit gars qui est privé de sexe 3 semaines (mais quelle méchante alors cette Fabienne) et un mariage.
Le gars est "juste" (ouf, rien de méchant donc) sexomaniaque comme celui qui a violé son amie:
JB, 22 ans, reste dormir sur le canapé d'une copine. Dans la nuit, la jeune femme sent qu'on lui touche les seins. Le garçon finit par la violer et s'en va comme si de rien était. Traumatisée, elle se lève. Au moment de partir, elle croise son agresseur debout dans le couloir, le regard vide. Le lendemain, c'est la police qui réveille le jeune homme et l'arrête pour viol. Il affirme n'avoir aucun souvenir de ce qu'on lui reproche. Il sera finalement acquitté. Heureusement pour lui, les expertises médicales ont pu prouver qu'il souffrait de sexomnie, ce qu'a confirmé le témoignage de ses ex-petites amies.
Heureusement pour lui bien sûr. Et pour la fille? Bah on fait pas d'omelette sans casser des oeufs hein! Et puis c'est bien connu, les filles même quand elles disent non, elles finissent toujours par prendre leur pied ces salopes.
Je ne nie pas qu'il y ait des pathologies bizarres et glauques et qu'il ne faille pas les prendre en considération mais je n'accepte pas qu'on les présente de cette façon, toujours en prenant des exemples de violences sexuelles d'hommes envers des femmes et en les banalisant et les rendant acceptables, voire romantique (Fabienne qui se marie avec son violeur...). Bizarrement, si cela n'a aucun lien avec la sexualité "normale" du malade, pourquoi n'y a 't-il pas de femmes sexomniaques citées ici? Une femme qui coupe la bite de son mari qui la viole et la bat pourra-t-elle aussi invoquer la sexomnie? Ou restera-t-elle une salope?
Ce n'est pas le 1er article du Rue89 qui me fait bondir depuis quelques temps. Dommage parce que certains posts sortent un peu de ce qu'on lit dans les autres medias et je les trouve excellents mais l'arrivée de ces articles misogynes me pousse à aller voir un peu plus ailleurs.
Et devinez? C'est une femme qui a écrit cet
lundi 2 août 2010
Violence de genre
(...)Ellos no están locos, no es el alcohol ni las drogas ni el estrés, no son crímenes pasionales. Es violencia de género.(...)
Traduction:
Ils ne sont pas fous, ce n'est pas l'alcool ni les drogues, ni le stress, ce ne sont pas des crimes passionnels. C'est de la violence de genre.
Ouf! Merci! Non ce n'est pas de la passion, non ce n'est pas la crise, ni le chomâge ni au contraire la suractivité. La seule raison c'est le patriarcat. Et ça porte un nom et un seul: violence machiste (ou de genre).
Appeler les choses par leur nom, ça vous dit quelque chose?
A quand de tels mots à lire dans un journal à grand tirage en France?
Lu aujourd'hui sur El Païs. Un article sur le pourquoi de la continuité des violences conjugales malgré la loi cadre instaurée en 2005.
Pourquoi? Moi je dirais qu'on ne vient pas à bout de milliers d'années de domination masculine en 5 ans.
A lire en espagnol. (désolée mais c'est long et je n'ai ni le temps ni l'envie maintenant de traduire un si long article)
Traduction:
Ils ne sont pas fous, ce n'est pas l'alcool ni les drogues, ni le stress, ce ne sont pas des crimes passionnels. C'est de la violence de genre.
Ouf! Merci! Non ce n'est pas de la passion, non ce n'est pas la crise, ni le chomâge ni au contraire la suractivité. La seule raison c'est le patriarcat. Et ça porte un nom et un seul: violence machiste (ou de genre).
Appeler les choses par leur nom, ça vous dit quelque chose?
A quand de tels mots à lire dans un journal à grand tirage en France?
Lu aujourd'hui sur El Païs. Un article sur le pourquoi de la continuité des violences conjugales malgré la loi cadre instaurée en 2005.
Pourquoi? Moi je dirais qu'on ne vient pas à bout de milliers d'années de domination masculine en 5 ans.
A lire en espagnol. (désolée mais c'est long et je n'ai ni le temps ni l'envie maintenant de traduire un si long article)
Féminisme, Polanski et compagnie
Personne n'ignore l'existance de pétitions de soutien à Polanski et le fait que celles-ci aient été entendues puisque la Suisse n'extradera pas cet individu.
Je pars du principe que puisqu'il y a 75000 viols (en France), il y a 75.000 victimes de viol et par conséquent 75.000 violeurs. En effet je n'imagine pas qu'un seul hommme (je dis homme car 99% des viols sont commis par des hommes) puissent violer 75.000 femmes (je dis femmes car 97% des victimes sont des femmes, je n'ignore pas pour autant les victimes hommes) à la suite.
Si tout le monde connaît au moins une victime de viol, tout le monde connaît aussi statistiquement parlant un violeur voire plusieurs. Considérant cela, il est donc tout à fait normal que des milliers de voix s'élèvent en faveur des violeurs.
En effet, je réfute catégoriquement le discours qui place cette affaire sur les riches vs les pauvres et la théorie selon laquelle le citoyen lamda aurait été sévèrement condamné. Les victimes de tournantes dans les caves des cités devant démménager pour échapper aux représailles de leur violeurs et de leur famille en sont un exemple parmi beaucoup d'autres.
C'est un problème de partriarcat et de domination masculine.
Ce qui me révolte quand même c'est que des personnes osent signer une pétition pour soutenir un violeur qui plus est pédophile.
Et oui, quand on saoûle, drogue et sodomise une adolescente de 13 alors qu'elle a clairement dit "non", c'est un viol. Point barre.
Les violeurs, ce n'est pas nouveau, sont toujours excusés de leur acte et la faute retombe immanquablement sur la victime. C'est un fait. Mais le viol restait un sujet tabou. On ne se vantait pas d'avoir un violeur ou un pédophile dans la famille. D'ailleurs, on réduit la victime au silence pour éviter le scandale, pour ne pas que ça se sache.
Avec ces pétitions, le soutien aux violeurs et aux pédophiles est clairement manifesté.
On est passé d'une acceptation tacite du viol à sa revendication.
Et pourquoi? A mon avis pour protéger le patriarcat qui gère nos sociétés.
Depuis quelques années, les langues se délient. Les victimes osent parler un peu plus. Cela reste le parcours du/ de la combattant-e de porter plainte pour viol mais le travail de quelques associations de défense des victimes tentent tant bien que mal de déculpabiliser les victimes et de les pousser à parler.
Actuellement, en France, 1 viol sur 5 est reporté à la police. Sur ceux qui sont reportés, seul 1 sur 5 finira par une condamnation aux Assises. C'est ridiculement peu. Et les condamnations prononcées sont souvent bien en-deça des peines prévues par le code pénal. Sans parler du lynchage que l'on fait subir à la victime: salope, mythomane, nymphomane, et j'en passe. Mais c'est encore trop pour les gardiens de l'ordre patriarcal.
Imaginez! On fais des études, on travaille, on avorte, on choisit notre sexualité et nos partenaires, on choisit de faire un enfant ou non. Que va-t-il rester comme prérogatives aux mâles qui ne voient pas plus loin que le bout de leur bite?
Alors tout est fait pour nous rabaisser, nous discréditer. On justifie les différences de salaire à cause des enfants qu'on aura, qu'on a ou qu'on a eu. On plaint l'homme qui a tué sa femme parce qu'il était malheureux et a agit par passion amoureuse. On parle de relations sexuelles non consenties pour désigner ni plus ni moins qu'un viol.
Etonnant ce glissement sémantique concernant le viol: affaire de moeurs, relations sexuelles non consenties, petite gâterie, elle disait un "non" qui voulait dire "oui", etc.
Le terme qui revient le plus souvent est celui de "relations sexuelles non consenties". Je ne sais pas pour vous mais pour moi une relation sexuelle indique un acte sexuel réalisé par 2 personnes consentantes. S'il n'y a pas de consentement, c'est forcément un viol. Or, un viol n'est pas une relation sexuelle. Ce n'est plus une relation mais un rapport de violence et de domination. Il n'y a rien de sexuel là-dedans, juste la volonté d'humilier et de détruire la femme (je dis femme aussi car dans de nombreux cas de viols d'hommes, ceux-ci étaient traités de "salope", "pute", "parfois "gonzesse" par leur violeur. C'était donc leur supposé coté "féminin" à l'origine du viol).
Sauf que parler de relation sexuelle non consentie n'a pas le même impact que le mot "viol". Un viol, c'est horrible. C'est pour l'Afghanistan, les barbares. Chez nous, on a des salopes qui ne savent pas ce qu'elles veulent et qui l'ont bien cherché et on a des relations sexuelles non consenties. Ca fait de suite plus civilisé.
Le pouvoir des mots, le pouvoir de nommer! (je vous renvoie à la lecture de "Pouvoir et violence sexiste" où la question du pouvoir qu'ont les hommes de nommer les choses, les actes est très bien développée et expliquée).
Le but de ces rabaissements, de ces discrédits est bel et bien de nous fermer le clapet et de nous faire accepter l'inacceptable. C'est alors à nous, victimes et toutes personnes pro-égalité de ne pas céder, de ne pas baisser les bras et de continuer à faire sortir de l'ombre les victimes, de faire entendre leur discours, diffuser leur parole. De la même manière que les violeurs et de nombreux individus qui ne violeront jamais diffusent un message de justification quant aux pires violences.
Et je crois que l'on peut y arriver. J'en suis même sûre. D'ailleurs, des cas comme celui-ci , même s'il m'affectent profondemment au début, finissent par me donner une force et une énergie incroyable. Energie d'autant plus forte que j'ai jeté un oeil sur ces pétitions de la honte. Je n'ai pas été déçue. Et là, je me repose la question: c'est quoi le féminisme?
Nous savons tous et toutes qu'il y a plusieurs courants féministes, que nous ne sommes pas toujours d'accord sur tous les points, nous savons aussi que le mot en lui-même est un gros mot, exemple: "je ne suis pas féminsite, mais..."
Et puis il y a aussi celles et ceux qui se disent féministes, le revendiquent, militent même et en arrivent à signer ces pétitions de la honte. Et oui, parmi les signataires il y a des membres d'asso et groupes féministes au sein desquels je milite.
Ma définition du féminisme est la suivante: un humanisme en faveur de l'égalité entre tous les êtres humains et du respect, de la liberté et de la dignité de chacun-e.
D'autres féministes auront sûrement d'autres définitions et celles-ci seront tout aussi valables que la mienne. En revanche, féminisme et pro-criminel sexuel seront à jamais incompatible.
Alors pourquoi ces personnes se déclarent-elles féministes et vont jusuqu'à militer si ce n'est pour se frayer une place dans ce monde patriarcal et s'excuser d'être femme? Ou pour montrer aux femmes que quand même, elles sont féministes mais faut pas exagérer non plus?
En fait, je me contre fout de ce qu'elles pensent et du pourquoi. Ce que je retiens c'est que toutes ces signatures sont autant de gifles à toutes les victimes, autant d'injonction à nous taire et à tendre l'autre joue, même de la part de soit-disant féministe.
Je ne tend plus l'autre joue. Je me défends.
Quelques liens à lire : sur le blog A dire d'elles
Les Nouvelles News
Je pars du principe que puisqu'il y a 75000 viols (en France), il y a 75.000 victimes de viol et par conséquent 75.000 violeurs. En effet je n'imagine pas qu'un seul hommme (je dis homme car 99% des viols sont commis par des hommes) puissent violer 75.000 femmes (je dis femmes car 97% des victimes sont des femmes, je n'ignore pas pour autant les victimes hommes) à la suite.
Si tout le monde connaît au moins une victime de viol, tout le monde connaît aussi statistiquement parlant un violeur voire plusieurs. Considérant cela, il est donc tout à fait normal que des milliers de voix s'élèvent en faveur des violeurs.
En effet, je réfute catégoriquement le discours qui place cette affaire sur les riches vs les pauvres et la théorie selon laquelle le citoyen lamda aurait été sévèrement condamné. Les victimes de tournantes dans les caves des cités devant démménager pour échapper aux représailles de leur violeurs et de leur famille en sont un exemple parmi beaucoup d'autres.
C'est un problème de partriarcat et de domination masculine.
Ce qui me révolte quand même c'est que des personnes osent signer une pétition pour soutenir un violeur qui plus est pédophile.
Et oui, quand on saoûle, drogue et sodomise une adolescente de 13 alors qu'elle a clairement dit "non", c'est un viol. Point barre.
Les violeurs, ce n'est pas nouveau, sont toujours excusés de leur acte et la faute retombe immanquablement sur la victime. C'est un fait. Mais le viol restait un sujet tabou. On ne se vantait pas d'avoir un violeur ou un pédophile dans la famille. D'ailleurs, on réduit la victime au silence pour éviter le scandale, pour ne pas que ça se sache.
Avec ces pétitions, le soutien aux violeurs et aux pédophiles est clairement manifesté.
On est passé d'une acceptation tacite du viol à sa revendication.
Et pourquoi? A mon avis pour protéger le patriarcat qui gère nos sociétés.
Depuis quelques années, les langues se délient. Les victimes osent parler un peu plus. Cela reste le parcours du/ de la combattant-e de porter plainte pour viol mais le travail de quelques associations de défense des victimes tentent tant bien que mal de déculpabiliser les victimes et de les pousser à parler.
Actuellement, en France, 1 viol sur 5 est reporté à la police. Sur ceux qui sont reportés, seul 1 sur 5 finira par une condamnation aux Assises. C'est ridiculement peu. Et les condamnations prononcées sont souvent bien en-deça des peines prévues par le code pénal. Sans parler du lynchage que l'on fait subir à la victime: salope, mythomane, nymphomane, et j'en passe. Mais c'est encore trop pour les gardiens de l'ordre patriarcal.
Imaginez! On fais des études, on travaille, on avorte, on choisit notre sexualité et nos partenaires, on choisit de faire un enfant ou non. Que va-t-il rester comme prérogatives aux mâles qui ne voient pas plus loin que le bout de leur bite?
Alors tout est fait pour nous rabaisser, nous discréditer. On justifie les différences de salaire à cause des enfants qu'on aura, qu'on a ou qu'on a eu. On plaint l'homme qui a tué sa femme parce qu'il était malheureux et a agit par passion amoureuse. On parle de relations sexuelles non consenties pour désigner ni plus ni moins qu'un viol.
Etonnant ce glissement sémantique concernant le viol: affaire de moeurs, relations sexuelles non consenties, petite gâterie, elle disait un "non" qui voulait dire "oui", etc.
Le terme qui revient le plus souvent est celui de "relations sexuelles non consenties". Je ne sais pas pour vous mais pour moi une relation sexuelle indique un acte sexuel réalisé par 2 personnes consentantes. S'il n'y a pas de consentement, c'est forcément un viol. Or, un viol n'est pas une relation sexuelle. Ce n'est plus une relation mais un rapport de violence et de domination. Il n'y a rien de sexuel là-dedans, juste la volonté d'humilier et de détruire la femme (je dis femme aussi car dans de nombreux cas de viols d'hommes, ceux-ci étaient traités de "salope", "pute", "parfois "gonzesse" par leur violeur. C'était donc leur supposé coté "féminin" à l'origine du viol).
Sauf que parler de relation sexuelle non consentie n'a pas le même impact que le mot "viol". Un viol, c'est horrible. C'est pour l'Afghanistan, les barbares. Chez nous, on a des salopes qui ne savent pas ce qu'elles veulent et qui l'ont bien cherché et on a des relations sexuelles non consenties. Ca fait de suite plus civilisé.
Le pouvoir des mots, le pouvoir de nommer! (je vous renvoie à la lecture de "Pouvoir et violence sexiste" où la question du pouvoir qu'ont les hommes de nommer les choses, les actes est très bien développée et expliquée).
Le but de ces rabaissements, de ces discrédits est bel et bien de nous fermer le clapet et de nous faire accepter l'inacceptable. C'est alors à nous, victimes et toutes personnes pro-égalité de ne pas céder, de ne pas baisser les bras et de continuer à faire sortir de l'ombre les victimes, de faire entendre leur discours, diffuser leur parole. De la même manière que les violeurs et de nombreux individus qui ne violeront jamais diffusent un message de justification quant aux pires violences.
Et je crois que l'on peut y arriver. J'en suis même sûre. D'ailleurs, des cas comme celui-ci , même s'il m'affectent profondemment au début, finissent par me donner une force et une énergie incroyable. Energie d'autant plus forte que j'ai jeté un oeil sur ces pétitions de la honte. Je n'ai pas été déçue. Et là, je me repose la question: c'est quoi le féminisme?
Nous savons tous et toutes qu'il y a plusieurs courants féministes, que nous ne sommes pas toujours d'accord sur tous les points, nous savons aussi que le mot en lui-même est un gros mot, exemple: "je ne suis pas féminsite, mais..."
Et puis il y a aussi celles et ceux qui se disent féministes, le revendiquent, militent même et en arrivent à signer ces pétitions de la honte. Et oui, parmi les signataires il y a des membres d'asso et groupes féministes au sein desquels je milite.
Ma définition du féminisme est la suivante: un humanisme en faveur de l'égalité entre tous les êtres humains et du respect, de la liberté et de la dignité de chacun-e.
D'autres féministes auront sûrement d'autres définitions et celles-ci seront tout aussi valables que la mienne. En revanche, féminisme et pro-criminel sexuel seront à jamais incompatible.
Alors pourquoi ces personnes se déclarent-elles féministes et vont jusuqu'à militer si ce n'est pour se frayer une place dans ce monde patriarcal et s'excuser d'être femme? Ou pour montrer aux femmes que quand même, elles sont féministes mais faut pas exagérer non plus?
En fait, je me contre fout de ce qu'elles pensent et du pourquoi. Ce que je retiens c'est que toutes ces signatures sont autant de gifles à toutes les victimes, autant d'injonction à nous taire et à tendre l'autre joue, même de la part de soit-disant féministe.
Je ne tend plus l'autre joue. Je me défends.
Quelques liens à lire : sur le blog A dire d'elles
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