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jeudi 12 avril 2012

Et moi, je connais des hommes, qui ont un physique...

Oui oui, moi je connais des hommes dont l'âge les ont fait ce qu'ils sont, qui ont un physique...qui font plus de 100 kilos.
J'en connais même beaucoup.
Alors à quand les horaires réservés aux hommes obèses, mal outillés (et oui, le maillot, le fameux maillot qui fait qu'à la piscine "on est en maillot c'est comme ça" ça moule), rachitiques, ridés pour qu'ils puissent nager à l'abri des regards obséquieux des femmes?

Voir la proposition de F.Bayrou.
C'est vers 3'50

Comme le souligne Emelire, au lieu de donner un créneau aux femmes qui ne correspondent pas aux canons patriarcaux de la beauté, on pourrait peut-être faire en sorte que nous nous sentions bien dans notre peau et que les hommes cessent de nous regarder comme du bétail.

Je vous renvoie chez Emelire, toujours aussi excellente, et vous mets un extrait ici:

Ensuite si Bayrou était sincère il prendrait le problème à la racine. Qui stigmatise le moindre kilo en trop, le moindre capiton ? Qui nous met en garde sur les "coups de vieux" avec ces histoires à la Nivéa "soyez une femme remarquée plutôt qu'un femme marquée" ? Mais lorsque les féministes demandent une loi antisexiste afin de protéger les femmes de la rapacité et de l'abrutissement publicitaire, afin de banir le sexisme tout comme le racisme publicitaire est banni, alors c'est une levée de boucliers, un déferlement de haine et de hurlements pour, parait-il protéger "la liberté d'expression". La liberté d'exprimer la haine des femmes, la haine du corps féminin, des capitons naturels des femmes, des corps peut être marqués par la grossesse, et du fait qu'elles aussi vieillissent mais continuent d'exister, même "moins baisables" au sens macho du terme, c'est qu'elles s'accrochent et vivent ! Alors sapons de plus belle leur confiance en elles à coup de pub et d'injonctions médiatiques !
A lire ICI

Merci Emelire!

mardi 24 mai 2011

Et si le masculin ne l'emportait plus toujours?

Mon absence ces derniers temps a fait que je n'ai pas relayé de nombreuses pétitions et manifestations. Je vais y rémédier et je commence par cette pétition qui veut que les hommes et les femmes soient belles.

Je vais faire ma bégueule mais la 1ere fois que j'ai entendu parler de cette pétition, j'ai juste vu ce titre "que les hommes et les femmes soient belles" et j'ai cru, réellement, à une mauvaise annonce publicitaire ou du genre.
"Belles", c'est bien par leur beauté que les femmes existent dans ce monde machiste, non? J'y ai vu une annonce speudo féministe à la Sixt (rappelez-vous l'agence de location de voiture qui, quelle grande âme, loue aussi aux femmes).

Bon, une fois vu qu'il s'agissait d'une pétition pour une réforme de cette règle absurde qui n'a d'ailleurs pas toujours existé, je suis passée outre ce "détail".
Si cela peut permettre de soulever le sujet, c'est une bonne chose.

Toutefois, une pétition ne me semble pas être la solution à ce problème. Selon moi, le seul moyen d'arriver à changer cette règle misogyne est de ne plus l'appliquer et d'accorder comme bon nous semble au masculin ou au féminin, comme c'était le cas déjà autrefois.
C'est à nous à faire bouger les choses. La langue française n'est pas une langue morte. A nous de la faire vivre!
Le verbe "kifer" par exemple ou , comble du comble, le terme "couillu" sont entrés dans le dictionnaire parce qu'utilisés largement par la population.

Faisons de même pour que les hommes et les femmes soient égales.

dimanche 9 janvier 2011

Beauf Haineux Violent

Ce sont les mots qui me viennent à propos de la dernière affiche de pub du BHV.

Emelire l'a retouchée avec humour ainsi que Canthilde.

Moi aussi, cette affiche me rappelle plus une référence à de la torture (sur une blonde bien sûr, elle sont tellement connes qu'elles en redemandent ces salopes).
Imaginerait-on un-e noir-e affiché-e ainsi? Je pense que le tollé aurait été immédiat et général à très juste raison.
Alors pourquoi pas pour les femmes? Les blondes? Parce que le racisme c'est bien mais que le sexisme c'est beaucoup mieux!
Est-ce une façon de fêter la fin de 2010 et donc de l'année où la violence envers les femmes était (soi-disant) grande cause nationale? Vite vite, à notre place de serpillère!
Et c'est ce qu'on voit tous les jours en allant au taf! Une stratégie pour nous faire rester chez nous et aux fourneaux afin d'éviter de voir ces horreurs?

Inutile de préciser qu'il faudra du temps et surtout des excuses et une série de campagnes irréprochables pour me faire retourner au BHV.
En attendant c'est girlcott total et absolu.

vendredi 19 novembre 2010

Insulte? Où ça?

Difficile d'échapper à la télé même quand on ne la regarde pas. Le pouvoir de ce petit tube cathotique est bluffant. Et inquiétant.

C'est ainsi que j'ai su, sans l'avoir regardée, qu'une émission de télé réalité a présenté un candidat condamné pour violences conjugales et que celui-ci n'a pas hésité à traiter sa victime de "salope" à 3 reprises. Salope pour avoir osé porter plainte et pour avoir fait condamner son bourreau.

Mais où est l'insulte là-dedans? Le mépris? La violence?
On n' a pas encore compris, nous les féministes, que "salope" est un simple synonyme pour "femme"? Femme ou salope quelle différence? Vous ne connaissez donc pas le 'toutes des salopes (sauf môman!)"?
Même les filles modernes d'aujourd'hui se traitent parfois de "salope" (ou aussi de "bitch" pour les anglophiles) entre elles! C'est trop cool d'être une bitch!

Et puis je parie qu'elle avait dû oublier le Cantal par dessus le marché cette conne! Et en plus, elle a sûrement dû aimer ça être cognée. Les salopes, elles aiment toutes ça, non? Alors de quoi on se plaint? hein????
Heureusement que les vrai mâles sont là pour nous remettre à notre place nous les femmes, les salopes.

Sauf qu'on va pas les laisser parce que cette place qu'il veulent pour nous ne nous convient pas et qu'on n'a pas l'intention de la fermer face aux biteux!

A lire pour info

Et aussi ici

jeudi 18 novembre 2010

Imaginons...

A: Salut B! Ca va? J'ai une super nouvelle à t'annoncer!

B: Oh ça y'est! Tu va te faire stériliser!

A: .............

B: Ben quoi alors?

A: Je suis enceinte.


Conversation surréaliste? Et l'inverse?

lundi 1 novembre 2010

Dilma Roussef, femme élue sur le dos des femmes

Dilma Roussef vient de remporter les élections présidentielles du Brésil. Elle devient donc la 1ere femme Présidente de ce pays.
Une femme atteint enfin les hautes sphères du pouvoir. Une femme est donc élue légitime à cette place.

Oui, mais...point trop n'en faut. Si au début de sa campagne, Roussef avait osé aborder le thème de l'avortement et du mariage homosexuel, elle s'est rétractée face aux cathos. Elle est aujourd'hui officiellement catholique croyante et pratiquante et logiquement anti-avortement et anti-homo.

On veut bien laisser aux femmes un peu de pouvoir parfois pourvu qu'elles se comportent en machos et continuent dans la lignée du patriarcat. Les machos ont tout à y gagner! Ils ont la très bonne défense de claironner haut et fort qu'ils ont laissé élire une femme et que c'est elle-même, une femme, qui est contre la liberté des femmes. Si c'est une femme que dire? Comme si le machisme était réservé aux hommes!
C'est sans compter sans le conditionnement misogyne dans lequel les hommes et les femmes sont élevés et éduqués. C'est sans compter sur l'envie (légitime) des femmes à se frayer une place dans la sphère publique quitte à le faire sur le dos de l'égalité homme/femme.

Les femmes Présidentes n'améliorent pas forcément la condition féminine. Au Costa-Rica, l'avortement est toujours interdit, en Allemagne le viol est légalisé au sein de maison du viol que l'on appelle délicieusement Eros Center ou maisons closes, l'avortement au Brésil ne semble donc pas être pour demain malgré l'affaire de la fillette de 9 ans violée et enceinte de jumeaux suite à ce viol.

Alors, Dilma Roussef aura-t-elle les ovaires de mener à bien les réformes qu'elle souhaitait entreprendre avant de capituler face aux sondages et à l'Eglise? J'attends impatiemment la réponse mais ce serait drôlement "girouette" de changer de cap.

mercredi 27 octobre 2010

Scientifique ou stéréotype?

"Deux « recherches scientifiques » cette semaine, venues d’outre Manche et reprises dans la presse française l’assurent : « la pilule contraceptive rend les femmes jalouses » dit l’une et « la grossesse augmente la matière grise » affirme l’autre. "
Lire l'article des Nouvellesnews

Avec 19 cobayes étudiées, on mesure la haute véracité de l'étude. Les auteurs les ont-ils auto-financé ou ont-ils été grassement subventionnés? La question se pose-t-elle d'ailleurs?
Comment peut-on discréditer et ridiculiser la science, la vraie, à ce point?

lundi 25 octobre 2010

Et la paternité? C'est pour des prunes?

Je pense que personne n'a échappé à la nouvelle: le Parlement Européen a adopté une loi instaurant un congé maternité de 20 semaines.
Dans l'absolu, c'est très bien sauf que je me pose plusieurs questions.

Pour commencer quelles mesures vont être prises contre les entrprises qui favorisent l'emploi masculin par peur que la dame ne se mette à pondre démesurément? Tout le monse sait qu'à partir de 25 jusqu'à 40ans (et avec un pic de défiance encore plus accru entre 30 et 35 ans) les femmes sont toutes un utérus sur pattes pour la majorité des boîtes qui recrutent. Avec 4 semaines de congés sup, comment l'emploi féminin va-t-il se porter?

Et puis surtout, pourquoi toujours parler de congés maternel? Et les pères??????

Et bien les pères ils se contentent de 15 jours de congès paternité. 15 jours contre 5 mois. Les enfants c'est définitivement une affaire de femmes. La parthénogénèse semble être le moyen de reproduction préférée de ces dames.

Tant qu'on n'aura pas repenser le rôle des pères et des mères, tant qu'on continuera de sacraliser la maternité à l'excès et de considérer les nullipares comme des déchets inutiles, tant que la paternité ne sera pas prise en considération on n'avancera pas d'un chouilla. Et comme chacun sait, qui n'avance pas recule.

Alors des congés mater pour les femmes qui choississent d'avoir un enfant, oui mais par pitié, il faut aussi compter avec les pères pour que toute la responsabilité des soins à l'enfant ne retombe pas exclusivement sur la mère. Il y a d'ailleurs de nombreux pères qui souhaiteraient passer plus de temps pour apprendre à connaître leur nouveau/nouvelle né-e.

Il y a peu, l'EU avait donné raison à un père espagnol qui s'était vu refuser un congé d'allaitement par son entreprise. N'était-ce qu'une poudre aux yeux?

Pour ma part je suis beaucoup plus favorable à l'instauration d'un congé parental basé sur le modèle suédois. Congé partagé équitablement entre le père ET la mère favorisant ainsi l'égalité homme/femme au travail et permettant à l'enfant de profiter de ses 2 parents.

lundi 11 octobre 2010

Les droits de l'homme ne sont pas ceux des femmes

Je suis heureuse de constater que je ne suis pas la seule choquée par la différence de discours de la Ligue des Droits de l'Homme entre l'affaire Orelsan et l'affaire Sexion d'Assaut.

Pour celles et ceux qui ne le sauraient pas encore Sexion d'Assaut rencontre (à très juste titre) quelques soucis de programmation et de réputation après des discours et des chansons ouvertement homophobes.
Orelsan quant à lui, s'était fait connaître par son apologie à la violence sexuelle et conjugale. j'en ai assez parlé ici en son temps, je ne souhaite pas y revenir dessus.

Voici donc ce qu'avait dit la LDH à propos d'Orelsan:

"Un artiste qui parle de désir de meurtre d’une femme? On raconte l’histoire effroyable de Barbe-bleue aux enfants. De la pornographie sadique ? Le marquis de Sade, qui a donné son nom à la chose, se montrait autrement inventif et raffiné en matière de pornographie et de violence, et ses livres figurent tranquillement sur les rayons des bibliothèques notre culture regorge de violences contre les femmes. Non seulement nous sommes opposés à toute censure en matière artistique (Olympe l'avait souligné avec justesse, j'en fais de même), mais cette œuvre ne présente probablement pas de caractère illégal. "

Et à propos de Sexion d'Assaut:

"Permettre la programmation d'un groupe qui tient des propos explicitement homophobes et appelant au meurtre et à la haine, revient à contribuer à la propagation d'une idéologie des plus dangereuses.

Il est inacceptable qu’en France, et donc à Strasbourg, soient programmés en concert des groupes qui clament publiquement leur haine d’une catégorie d’individus, et qui promeuvent une idéologie violemment discriminatoire.

Il revient à chacun, et notamment aux responsables de la Laiterie, où Sexion d’Assaut est programmé pour le 20 octobre, de prendre ses responsabilités et de veiller à ce que ne soient pas bafoués les principes et les lois de notre République.

La section strasbourgeoise de la Ligue des Droits de l’Homme s’oppose à la programmation de tels groupes et demande donc l’annulation de ce concert."

Et après ça il y en a encore qui nous traitent (les féministes) de parano quand on dit que les femmes sont traitées comme des sous-humains. Enfin, ça c'est surtout typique de l'Hexagone.

Des bloggeuses en parlent très bien, je vous invite à aller les lire: Héloïse, Emelire, Olympe.

Une pétition est en ligne contre les "dérapages" de Sexion d'Assaut.

lundi 4 octobre 2010

Oubliée, effacée

Pas étonnant de ne pas trouver de femmes dans les manuels d'Histoire et de ne jamais trouver l'expression les "Grandes Femmes" comme on trouve les "Grands Hommes" lorsque celles-ci sont systématiquement et volontairement écartées, oubliées, effacées.

Des féministes ont estimé que la contribution de cette chercheuse [Rosalind Franklin] n'avait pas été reconnue à cause du poids du machisme dans les sciences. Dans une allusion au prochain départ de sa collègue Rosalind Franklin vers un autre labo, Maurice Wilkins a écrit souhaiter que "la fumée des sorcières disparaisse bientôt de (sa) vue".
Lire l'article

samedi 2 octobre 2010

La Terre du mâle

Arte a reprogrammé la Cité du Mâle. Je pense que tout le monde est au courant de cette déprogrammation.
Arte avait donc programmé une soirée sur les violences faites aux femmes. Soirée décriée car uniquement accès sur les violences des banlieues.

Pour ma part, cette soirée à thème m'inspire ceci:

L'existance de 2 "groupes " opposés.

Le premier groupe d'une part qui affirme que les femmes des banlieues subissent des violences insoutenables dûes au fait de vivre en banlieue, c'est à dire dans le contexte de l'immigration, de la pauvreté et surtout de l'Islam. Par opposition, les femmes hors banlieues et sous-entendu blanches, non musulmanes et riches (encore mieux!) ne sont pas concernées par les violences machistes hormis quelques rares affaires faisant office d'exception confirmant la règle.

Le second groupe, d'autre part, hurle à la stigmatisation d'une catégorie de la population et ne reconnaît aucun caractère machiste aux violences que peuvent subir les femmes. Si violence il y a, elles ne sont que le résultat d'un problème de classe et de racisme.

Et bien pour moi, banlieue, Neuilly, plateau ardéchois ou 16eme arr. c'est du pareil au même. Il arrive que Mohamed tue Fatima et viole Karima ou Christine. Il arrive aussi que Gabriel tue ou viole Julie ou Samira.
Et si Fatima est recluse dans sa demeure à nettoyer les chiottes et à faire la popote pour les siens car "c'est sa culture" comme certains disent et dénoncent, Julie en fait autant car sa culture bien gauloise le veut aussi.
Et oui, 80% des tâches ménagères sont effectuées par les femmes et ça concerne les françaises "de souche". 166 femmes assassinées par leur conjoint en France. Toutes n'ont pas des noms et prénoms étrangers, loin de là.
Et pourtant, au lieu de parler de violence de genre, au lieu de parler de sexisme, on détourne le problème.

Ainsi il y a le groupe qui rejette la faute de ces crimes et violences sur l'origine ethnique de leurs auteurs. C'est de notoriété publique que l'Arabe at sa femme. Le Gitan aussi. Et aussi parfois le pauvre chômeur alcoolique. Ce n'est donc plus un problème de sexisme mais de culture ou de condition sociale. Ou même dans certains cas on avance l'idée d'une violence "génétique" ou plutôt ethnique. Un discours récurrent est le suivant: l'Arabe bat sa femme. C'est comme ça. Y'a rien à faire à part constater que l'Arabe bat sa femme. Tout juste si on ne nous apporte pas des preuves scientifiques "irréfutables" à l'appui.

Ce qui a pour conséquence de lancer l'idée que les femmes battues, les viols, le sexisme c'est en Iran, en Afghanistan, dans les banlieues. En bref chez les musulmans et quelques autres "tribus", aloccoliques et chômeurs longue durée inclus. Mais chez nous, les blancs, actifs, c'est différent. Chez nous il n'y a que des "affaires de moeurs", des "relations sexuelles non consenties", des "drames familiaux", des "dépit amoureux". Chez les autres ce sont des viols et des crimes d'honneurs.

En parlant d'affaire de moeurs, je ne peux que citer BHL, l'instigateur d'une pétition de défense d'un violeur pédophile. Mais il est également à l'origine et d'une autre pétition pour défendre Sakineh, victime de la dictature iranienne. La lapidation c'est horrible (et en effet, c'est horrible) par contre qu'il y a t-il de mal à ce qu'un homme (en l'occurrence ici occidental) drogue et sodomise une adolescente qui supplie et répète "Non"?
Pour ma part ces 2 cas reflètent une atrocité sans nom. Prendre parti pour l'un et pas pour l'autre est une abbération et est totalement rédhibitoire. BHL a perdu toute crédibilité.
Isabelle Adjani fait encore plus fort. Elle soutien Polanski, défend ouvertement Sakineh et dénonce les violences des cités dans La Journée de la Jupe. Quelle logique dans tout ça? Comment peut-on dénoncer les tournantes dans les cités et prendre la défense d'un violeur?
Ma foi pour moi, Adjani, c'est fini!

D'un autre coté, certain-e-s crient à la stigmatisation et au racisme si on dit que Rachid bat sa femme. Pourtant, même si Michel peut aussi battre sa femme, il n'empêche pas moins que Rachid puisse battre la sienne et qu'il faille l'en empêcher. Des violences sexistes existent dans les banlieues. Ce n'est pas du racisme de les dénoncer. "Racisme" et s"exisme" ne s'opposent pas. Par contre c'est du sexisme et de la non assistance à personne en danger de ne pas le faire.

Ceci dit, dans tous les cas, on évite soigneusement de nommer le seul et unique responsable: le patriarcat.
Dans tous les cas, il n'est jamais question de machisme mais de problème ethnique, de classe sociale, de racisme, de pauvreté, de richesse, d'alcool, de drogue, d'inactivité, de suractivité, de maladie, de psychiatrie, de biologie, de la cuisson des oeufs, de réchauffement climatique, de...ma foi c'est la faute de tout SAUF du patriarcat et du machsime qui en découle.

Prenons le cas Polanski: pour les uns il est inadmissible qu'on le poursuive. Si on le fait c'est parce qu'il est riche et que les gens lui en veuillent ou le jalousent et veulent lui faire payer alors que s'il s'agissait de Monsieur Lamda on lui foutrait la paix.
Pour les autres, il est inadmissible qu'on ne le poursuive pas. Il s'en tire à bon compte parce qu'il est riche et célèbre pendant que Monsieur Lamba croupi en prison.
La question du sexisme est écartée au profit de la question des classes sociales et du pouvoir de l'argent.

Dans la réalité, riches, pauvres, alocolo, sobres, etc. toutes ces "catégories" peuvent contenir des violeurs et/ou des batteurs. 1 viol sur 5 ayant fait office d'une plainte finira aux Assises. Polanski n'est pas seul à échapper à la justice.
Pour certains gars des cités de banlieues, il y a les filles clean et les chiennes. Pour certains gars des quartiers résidentiels, après un Bac +6 et un salaire dépassant les 35k€ on peut entendre ceci comme conversation normale: "mes copines, elles peuvent même pas avaler le quart de ma bite. Tous les litres de sperme que je leur ai fait avaler! Pensez-y les gars si vous voulez sortir avec elles un jour!"

Le machisme n'a ni couleur, ni culture, ni nationalité, ni études, ni géographie. Il est universel. Et il a encore de beaux jours devant lui.

dimanche 19 septembre 2010

Tu aimeras le rose ma fille

Hier, c'était après midi courses au centre commercial. Dans une boutique, des petits accessoires vestimentaires pour les enfants accrochés jusqu'à très bas au sol. Côte à côte Spiderman et Hello Kitty (HK pour les intimes).
Une toute petite fille, je dirai entre 14 et 18 mois, arrive en "courant" et se jette sur Spiderman. Son papa, pas loin derrière, le lui enlève immédiatement des mains et lui donne le même accessoire version HK rose bonbon.
Que sa fille aille spontanément vers Spiderman ne semble pas lui convenir. Ben pardi! Une fille qui apprécie un truc de "garçon", ça va pas. Faut vite corriger cette erreur!

Cette petite fille commence juste à marcher. Elle commence juste à prendre un peu d'autonomie. En tout cas elle pourrait commencer à prendre un peu d'autonomie. Que son père intervienne pour lui dicter ses goûts et décider que ce qu'elle choisi n'est pas bon pour elle me crève le coeur. Ira-t-elle spontanément vers Spiderman la prochaine fois?
A tous ceux et toutes celles qui affirment haut et fort que si les filles portent du rose et préfèrent HK et Charlotte aux Fraises à Spiderman et Batman c'est parce que c'est leur goût personnel je voudrais simplement dire ceci:

Lorsque vous tapissez la chambre de votre fille en rose, que vous l'habillez en rose, que dès qu'elle va vers quelque chose dit "de garçon" vous la remettez dans le chemin du rose et des "trucs de fille" croyez vous qu'elle choisi réellement ses goûts ou sont-ils dictés par un formatage "truc de fille" et rose?
Un bébé qui va avoir un entourage rose dans sa chambre, lieu de repos, sécuritaire, familier va forcément se sentir attiré par cette couleur puisqu'elle va lui rappeller, même de manière inconsciente, sa chambre synonyme de calme, de sécurité et de chez soi.

Alors bien sûr qu'un-e nouveau-lle né-e ne peut pas choisir la couleur de son berceau ou de son doudou. C'est aux parents à essayer de ne pas imposer une couleur, un style. Pourquoi pas un petit mélange des "genres" comme par exemple la fille d'une collègue qui était fan de HK et Spiderman. La petite portait un bonnet Spiderman et des chaussures HK.

Le rose et HK oui! (d'ailleurs je suis moi-même fan!) mais pas à l'exclusion du reste.

mardi 7 septembre 2010

Utérus sur patte

J'ai 6 ans. Je suis chez le médecin. On va me faire le vaccin de la "lubélole" comme je dis alors, le vaccin pour les filles. C'est maman et le docteur qui le disent. Il faut me vacciner, c'est impératif pour les filles pour avoir un bébé. Du coup j'ai peur. Est-ce que je vais avoir un bébé après le vaccin? J'en veux pas de bébé! J'ai mes poupons c'est bien assez alors pourquoi on me pique? Pourquoi on me fait mal?

J'ai 15 ans. Je suis clafie d'acnée. Je prends des antibiotiques. Il y a une nette amélioration alors on m'arrête les antibio et ça repart au bout de quelques jours. Alors on me represcrit des antibio et ainsi de suite. Je veux demander le traitement au Ruacutane. Ma mère n'est pas d'accord: "Hein??? Mais ça donne des malformations au foetus!!!!!!!!"
Quel foetus?
Je n'ai pas le droit de prononcer le mot "garçon" chez moi sans avoir à me justifier et à prouver par tous moyens que si j'emploie ce mot c'est juste pour dire que le ou la prof m'a foutue en binôme avec un gars pour un travail de classe (ben oui, vous savez bien qu'on est catho chez moi et que la bigoterie ne fait pas bon ménage avec tout ce qui touche aux relations que peuvent avoir les filles et les garçons). Voilà que j'apprends que j'ai un foetus imaginaire. Je ne sais pas comment j'ose mais j'ose en parler à ma dermato.
"Ruacutane? Oui c'est efficace mais il te faut une bonne contraception. A ton âge c'est seulement la pilule et prendre la pilule c'est une responsabilité. Il ne faut pas l'oublier sinon il y a risque de grossesse et ton bébé sera malade, diforme. A ton âge on a autre chose à faire qu'à penser à l'heure de sa pilule. C'est trop risqué".
Si je comprends bien, je suis trop immature pour penser à prendre un comprimé à heure régulière mais en cas de grossesse, à 15 ans, au milieu des années 90, je vais assumer cette grossesse. Bien sûr. Heureusement que le droit à l'IVG en France a plus de 20 ans...

J'ai 19 ans. J'ai un problème de santé que je m'efforce de traiter le plus rapidement possible pour ne pas manquer trop de cours à la fac et valider ma licence.
Mon docteur me propose le plus naturellement du monde de me faire un certificat d'invalidité et en échange je fais un bébé. Pour me convaincre: "Allons entre nous, vous savez bien que ça ne prend que 5 minutes dans les toilettes d'une boîte de nuit", clin d'oeil de connivence à l'appui.
Je suis outrée. Lui aussi: "mais ce que je vous propose c'est le rêve de toutes les femmes: être payées (dans mon cas invalidées) pour rester à la maison avec leur bébé! Vous ne pouvez pas le prendre mal comme ça, c'est pas normal!"
Que j'ai envie ou non d'avoir un gosse n'entre pas du tout en ligne de compte. Que j'ai 19 ans et que je n'ai donc pas terminé mes études non plus. Qu'il n'y ait pas de père non plus. Que je n'ai pas l'intention de me faire invalider pour une pathologie non invalidante non plus. D'ailleurs, à cause de ce point, je ne sais pas s'il aurait réussi à me faire invalider parce qu'avec mes 25 h de danse par semaine plus mes 35h de cours en double cursus à la fac, hein bon, ça ne fait pas vraiment très "invalide" comme mode de vie. C'est peut-être ça qui le dérange d'ailleurs?
Je suis sans réaction. Je me sens humiliée. J'ai mal pour moi et j'ai mal pour un éventuel bébé. Je ne suis qu'un utérus sur pattes et cet éventuel bébé n'est pas grand chose non plus dans les yeux de ce docteur. Comment l'élèverai-je? Que ferai-je une fois le certif d'invalidité terminé, sans ressources, sans diplômes? Pourrai-je donner le meilleur que je puisse à cet enfant dans ces conditions? peu lui importe à lui, le docteur.
Je me sens très mal. J'en parle chez moi: "Ah ben tu vois! C'est pas grave ce que tu as puisque tu peux être enceinte! Tu peux avoir une vie normale!".
J'ai appris par hasard quelques mois plus tard que d'autres filles avaient subi la même chose de la part de ce docteur. Une histoire de financement sur un projet d'étude sur le taux d'hormones de femmes enceintes et atteintes de la même pathologie que moi. Il lui fallait plusieurs cobayes pour obtenir un financement juteux.

Je suis en entretien d'embauche. "Vous avez des enfants? Non? Mais vous allez en avoir n'est-ce pas? Bon vous n'êtes pas obligée de répondre mais je suis sûr/e que vous en voulez et moi je veux quelqu'un qui soit présent vous comprenez?"

J'ai 25 ans. je suis célibataire et très heureuse de ma situation. Pourtant ça commence à jaser autour de moi. Il faut que je mette en couple. Ca craint d'être caterinette. Surtout pour les enfants. Je vais regretter de ne pas chercher un homme, papa potentiel parce qu'avoir des enfants quand on est encore jeune c'est le voeux le plus cher de toutes les femmes. Surtout pour en avoir plusieurs. On ne peut pas commencer à procréer à 40 ans pour avoir 3 ou 4 gosses. Il faut commencer là, maintenant, tout de suite. Je devrais déjà avoir trouvé le père alors qu'est-ce que j'attends????? Hein??????

On devrait supprimer le mot "femme", ça ferait des économies de language pour le remplacer par "pondeuse" ou "utérus sur pattes" parce que qu'est-ce qu'on est d'autre que ça pour la société? Ah si, on est des salopes aussi, bonnes à écarter les cuisses et à laisser les mâles faire ce qu'il veulent bien nous faire et qu'ils se vident bien les couilles. "Dévidoir à sperme" ça sonne bien non, en lieu et place de "femme"?

Qu'est-ce que c'est cool d'être une femme...

lundi 6 septembre 2010

Couchez les femmes, laissez faire les hommes!

Un certain Sardou nous sort un nouvel album conforme à lui-même.
On en cause ICI et LA.

Voilà de quoi il retourne:

Dans un voyage en absurdie
Que je fais lorsque je m’ennuie,
J’ai imaginé sans complexe
Qu’un matin je changeais de sexe,
Que je vivais l’étrange drame
D’être une femme,
D’être une femme.

REFRAIN

Femme etre une femme
Depuis les années 80,
Les femmes sont des hommes à temps plein
Finis les revendications
C’qu’elles ont voulu maintenant elles l’ont
Ce sont toutes des femmes accomplies
Sans vraiment besoin d’un mari
Femme capitaine de société
Elles ont d’autres chats à fouetter
de conseils d’administration
de longs diners en réunion
passer en coup de vent chez le coiffeur
se maquiller dans l’ascenceur
elles rentrent épuisées tous les soirs
la télé elles veulent plus la voir
à peine la couv’ d’un magazine
et un cachet qui les assassine

REFRAIN

Quand a l’amour elles n’y pensent plus
Juste un amant qu’elle revoit plus
d’ailleurs c’est un acte manqué
quand leurs portables se mettent à vibrer
pour la nostalgie d’autrefois
faudrait du temps elles n’en ont pas
elles y reviendront évidemment
avec le premier cheveux blanc
quand tant d’années se sont écoulées
ont-elles perdu ce qu’elles ont gagné
Elles étaient femme en 80
et femmes jusqu’au bout des seins
Question salaire ca ne va pas mieux
Celui d’un homme coupé en deux
On les enfume de parité
mais qui promet l’égalité

REFRAIN

Je sais que beaucoup en ont marre
et s’il n’est pas encore trop tard
il suffit de r’trouver l’adresse
du type gaché dans leur jeunesse
un homme gentil qu’elles ont laissé
au bord des occasions manquées
refaire sa vie et pourquoi pas
être une belle à la fois
l’amour d’automne c’est encore mieux
laisser un homme faire ce qu’il veut
et puis s’endormir contre lui
jeter les dossiers aux orties
Se dire qu’au fond ce sont les femmes
Et mon dieu ce n’est pas se plaindre
Femme de n’importe quelles années
Femme pour aimer se faire aimer
REFRAIN

Décortiquons un peu.
Le ton est donné dès le départ: être une femme est un drame. Bon je dois reconnaître que pour le coup il n'a pas tort quand on voit le nombre de machos (dont il fait partie) auxquels les femmes ont affaire au moins une fois dans leur vie. Mais ça ne me plaît pas qu'il nous le lance comme ça. Surtout que ça a un lien avec ce qu'il nous dit ensuite.
Et que dit-il? Que les femmes se sont battues pour leurs droits et que si elles sont présentes sur le marché du travail leur salaire n'a pas suivi, elles ont perdu leur féminité, elles ne sont plus femme pour les hommes. Conclusion: il serait temps qu'elles se rendent compte que l'égalité et la parité ne sont qu'une illusion et qu'elles retrouvent vite le droit chemin de la maison et de la soumission au mâle. D'ailleurs nous, les femmes, savons bien que c'est vrai et on en a marre! C'est même lui qui le dit. Il "sait" qu'on en a marre. A-t-il le don merveilleux de lire dans les pensées???? Il y a du y avoir un problème de décodage dans la lecture de mes pensées alors.

Mais ce que je ne peux vraiment pas laisser passer c'est "laisser un homme faire ce qu’il veut ". Est-ce que j'ai besoin de vous faire un dessin? L'homme fait ce qu'il lui plaît et tant pis si ça ne plaît pas à Madame. Cette phrase est inacceptable. Quelle gifle pour les millions de femmes victimes de ces hommes qui font d'elles ce qu'ils veulent! Dégueulasse.

Je ne sais pas qui écoute Sardou mais je sais que c'est un chanteur dit "populaire" et que ses chansons s'insinuent lentement mais sûrement dans la tête de celles et ceux qui les écoutent. Ce nouvel alum sera-t-il un succés? Seuls les "vieux fans" l'achèteront? Je n'en sais rien. Je sais que comme chanteur français à succès, ses chansons auront un écho. Et oui, Sardou est bien le genre de variété que l'on écoute en famille puisque c'est de "la bonne variété française".
Sardou a pourant bien écrit il ya quelques temps "je veux violer des femmes", non? Quel beau fond sonore pour un repas familial...

Allez, c'est la rentrée, c'est tard, j'ai la crève et pas envie de terminer sur cette note alors quand même un truc qui me fait hurler de rire:

mercredi 25 août 2010

Quelle différence? (ou quand les oeillères tiennent bon)

Il y a quelques temps de ça, je me balladais avec des copines et connaissances dont une était enceinte.
Nous autre ne l'étions pas mais qu'importe, cette femme ne pouvait pas parler d'autre chose que de SA grossesse.

Bon, entendons-nous bien, je n'ai rien contre le fait qu'une femme qui souhaite un enfant soit heureuse d'être enceinte et en parle. Je trouve même que c'est normal. Contrairement à ceux et celles qui me reprochent de ne pas vouloir enfanter, je ne reproche à personne de choisir d'avoir des gosses, je veux juste qu'on respecte mon point de vue.

Cette femme donc ne parlait QUE de son état. Etant toutes nullipares et pas non plus super amie avec elle (elle était plus une connaissance pour moi et pour d'autres) nous nous sommes trouvées à court de conversation une fois les thèmes de la découverte de la grossesse, le test positif, la confirmation du médecin, le déroulement en détail de l'échographie, de la sensation d'être "pleine, vivante et entière" quand "on" est enceinte.

La question à 2 balles est donc sortie toute seule: "Tu sais déjà si ça sera une fille ou un garçon?"

Et là, la réponse de la future maman: "Non, je ne sais pas. A quoi ça sert de savoir à l'avance? Fille ou garçon quelle différence?"
J'aurai du sauter d'allégresse en entendant cette réponse et j'ai eu un centième de seconde comme une sensation de bien-être et de joie excessive. Puis je me suis bien vite ravisée. Pourquoi? Voilà pourquoi:

Dire que garçon ou fille c'est pareil revient à dire que naître fille ou garçon implique exactement les mêmes risques et chances dans la vie. Or c'est faux. Le sexisme sévit partout. A des degrès divers, certes, mais partout quand même. Les différences de salaire, par exemple, se retrouvent à échelle mondiale. La Suède, un pays où la condition féminine est l'une des meilleures au monde si ce n'est LA meilleure, reconnaît avoir toujours un problème de sexisme, j'en parlais ICI. Récemment, des "féminsites" suédoises ont brûlé 100.000kr suédoises pour symboliser la différence de salaire femme/homme en Suède.
Et je ne parle pas du contenu des programmes scolaires où les femmes historiques sont absentes (j'ai su l'existance d'Olympe de Gouges à 18 ans seulement alors qu'on m'avait parlé de Robespierre au primaire!), du masculin qui l'emporte et qui efface grammaticalement les femmes dans de nombreuses langues, des violences sexistes, etc.
Bref, à moins de vivre complètempent reclus-e et de n'être jamais en contact avec la société il est impossible d'échapper au sexisme.

Nier cette évidence m'exaspère. De quoi s'agit-il? Une naïveté excessive qui fait que cette femme croit vraiment qu'il n'y a pas de différence? Elle qui est la 1ere à se plaindre de ses difficultés à trouver du travail, n'a t-elle pas des doutes quant au rôle tenu par son sexe sur le marché du travail? Ou veut-elle tellement croire que l'époque du sexisme est révolue qu'elle préfère nier l'évidence? Je crois beaucoup à ce cas de figure à savoir que de nombreuses femmes nient l'existence du sexisme tout simplement parce qu'il serait trop douloureux pour elles de reconnaître que la société ne nous laisse qu'une place de seconde zone. Ca fait mal de réaliser que le sexisme est prégnant et que nous subissons certaines situations discriminantes uniquement parce qu'on est femme. Faire l'autruche est moins douloureux. Je le sais par expérience.

Je pense donc que fille ou garçon, l'éducation sera différente. La société n'apportera pas les mêmes choses à une fille qu'à un garçon.
Dans le meilleur des cas, même si la société évoluait de façon entièrement non sexiste, cela prendrait des décennies pour arriver à une égalité totale. La petit fille qui née aujourd'hui aura donc automatiquement sa dose de sexisme et de discrimination parce que née fille.

Ce qu'offre la société peut être adoucit par l'éducation familiale. Avoir des parents non sexistes qui laissent librement choisir leurs fils ET leurs filles entre danse et judo, qui leur offrent des poupées ET des camions de pompiers, qui leur expliquent que fille ou garçon ils et elles pourront choisir leurs études, leur métier, leur style de vie, etc aide certainement beaucoup bien que cela n'empêchera pas la fille de gagner probablement moins que son frère ou d'être traitée de pute par les voisins parce qu'elle a un plan cul alors que son frère sera qualifié de Don Juan.

Or, voilà ce que cette femme nous a sorti au cours de nos différentes rencontres:

Déjà, elle nous avait parlé de son chéri. Il a 15 ans de plus qu'elle et, de son propre aveu, n'a pas un corps d'Apollon. Mais c'est pas grave nous dit-elle parce que ce n'est pas important pour un homme d'être beau et 15 ans de plus ça passe très bien quand c'est l'homme qui est le plus âgé. Non parce qu'un jeunot qui sort avec une ménauposée, ça va pas là par contre. Le principal c'est qu'à son âge il a une situation stable qui lui permet d'assurer la survie financière du couple. C'est important pour un homme qu'elle nous redit.
Elle nous conte aussi qu'il n'était pas pressé pour une relation durable. Son arme infaillible pour le convaincre qu'elle est LA bonne personne pour lui: toujours lui montrer qu'elle pense à lui en se faisant belle pour lui. "Je fais bien attention d'être épilée partout, de mettre de jolies robes sexy" nous sort-elle le plus naturellement du monde.

Mais bien sûr, fille ou garçon, quelle différence?

lundi 26 juillet 2010

Enfance et hypersexualisation

Voici un documentaire découvert grâce à Maman? Non merci!, un site qui remet la question de la parentalité à sa place: un choix personnel et privé.
Ce docu n'a rien à voir avec la parentalité, quoique si quand même car les parents éduquent leurs enfants (du moins en principe ), mais avec le phénomène d'hypersexualisation dans lequel les enfants et ado baignent quotidiennement.
Effarant! la scène où des éducatrices montrent 2 images ( l'une d'un mag pour ado et l'autre venant d'un mag porno) et demandent aux ado de leur dire laquelle vient du mag pour ado et laquelle vient du mag porno. Difficile de voir la plus petite différence.
Et merci à l'infirmier d'informer les élèves que non, la sexualité ce n'est pas que des pénétrations et des fellations. On peut aussi "prendre la main de sa copine".

Docu visionable sur le site ONF.CA


vendredi 16 juillet 2010

La pute et le gigolo

Les mots ne sont pas anodins. Ils font sens et ils influent sur notre façon de voir les choses et le monde. Ils reflètent aussi la façon dont nous voyons le monde.

Prenons 2 mots: "pute" et "gigolo".
Ces 2 mots réfèrent à une seule et même chose: la prostitution. La pute est une prostituée. Le gigolo est un prostitué.
Sauf que, ces 2 mots ne sonnent pas pareil à nos oreilles.

Pendant très longtemps, j'ai assimilé le mot "gigolo" à "rigolo". Il n'était pas rare que ma famille utilise ce mot pour désigner un homme qui se la coule douce au lieu de bosser 15h par jour.
Le mot "pute" était banni. C'était l'insulte suprême. Pour notre milieu ultra catho cela représentait la femme qui vit une sexualité débridée et qui a choisi ce métier par vice (jamais personne chez moi n'a pensé à d'autres raisons pouvant mener à la prostitution et les putes étrangères venaient volontairement dévoyer nos gentils petits gars. Bien sûr. Bon, hein, on choisit pas sa famille).
Il y a encore pas mal de personnes qui perçoivent les "putes" dans ce sens. Pas la peine de revenir sur le "fils de p...." réel ou imaginaire de la coupe du monde de foot. D'ailleurs on ne traite pas son ennemi de fils de gigolo mais de fils de pute.

Le mot "gigolo" est beaucoup moins violent, beaucoup moins insultant. Gigolo-rigolo. On n'a pas forcément envie de cracher, au sens propre , sur le gigolo. Sur la pute en revanche c'est différent.
Vous connaissez vous des "blagues" sur les gigolos? Et sur les putes?
Mais le gigolo est un homme et ne peut être qu'un homme. Je n'ai jamais entendu personne traiter une femme de "gigolo" ou même de "gigolotte". En revanche des gars qui sont traités de "pute" ça oui, j'ai entendu. Par exemple dans le film de Balasko Clientes, le gars qui se prostitue est traité de "pute" par sa femme horrifiée de voir que son homme en est "une" (pute).
Entendu aussi pesonnellement au boulot: "Mon proprio c'est une vraie pute. Il veut garder ma caution". J'ai aussi souvent entendu le mot "salope" à l'égard d'un homme mais jamais "salopard" à l'encontre d'une femme.

Qu'en conclure? Que les mots à usage masculins sont moins insultants que les mots à usages féminins pour qu'on utilise ces derniers lorsqu'on veut infliger la pire des insultes à des hommes?
Sinon pourquoi dire d'un homme qu'il est "une salope"? Pourquoi le fait de dire qu'il est "un salopard" ne suffit pas?
Le féminin est toujours plus sale, plus vil, plus rabaissant. Sans aller chercher dans l'insulte pure, on ne dit jamais "ce n'est qu'un garçon" ou "ce n'est qu'un homme"mais on dit volontiers "ce n'est qu'une fille" ou "ce n'est qu'une femme". Etre simplement traité de "fille" ou de "femme" peut relever de l'insulte alors que ce mot ne devrait qualifier rien d'autre que la moitié de l'Humanité.
Pensons aussi au "femmelette". Et pourquoi pas une "hommelette"?

Et si cela marche ainsi sur des mots aussi simples, aussi noraux il ne faut pas s'étonner que cela se répercute sur les autres mots et dans tous les domaines.

Quelques exemples pour "s'amuser"
-sorcier et sorcière
-cuisinier et cuisinière
-masseur et masseuse
-couturier et couturière
-maître et maîtresse
-entraineur et entraineuse

lundi 21 juin 2010

Indignation sélective

Je reprends une partie du titre de cet article des Nouvelles News car il est très parlant.
D'un coté on va voir les putes et on considère ça normal, faut être coincé-e et putophobe pour dire le contraire.
D'un autre, traiter une femme de sa famille de "pute" est considéré comme une insulte suprême.

"...les putes sont des instruments pour l’honneur des hommes. Héros bling-bling quand ils se les payent, déshonorés quand ils sont accusés d'en compter une dans leur famille."

Tout est dit.

lundi 10 mars 2008

Triste journée

Hier, 8 mars. Journée Internatioanle de lutte des femmes pour leurs droits. Quelle honte. Une journée pour rappeller que les femmes sont une minorité formant 50% de la population.


Je rêve du jour où cette journée n'existera plus et où les gens diront "Il y avait la journée pour les droits des femmes? Mais c'était le Moyen-Age!"Malheureusement, je crains que ce jour tarde à venir et je me demande même s'il viendra. Surtout lorsque cette journée est détournée à des fins commerciales ou par bêtise.
Non, ce n'est pas la fête de la femme.
Je suis abasourdie d'entendre des "Bonne fête" à longueur de journée le 8 mars. Bonne fête??? Bonne fête au cimetière sur la tombe des femmes tuées par leur conjoint? Bonne fête à la femme violée qui s'entend dire "vous voulez porter plainte pour ça?" suivi d'une "bonne blague" sexiste?, bonne fête à la sierra léonaise qui a été vendue et qui est prostituée au bois de Boulogne?, bonne fête aux petites filles en train d'être excisées (5 fillettes par minutes et même chez nous)? Bonne fête,... je continue ou vous en avez assez?Alors passons aux publicités. L'Oreal, Sephora,msn, Yves Rocher, Etam, pour ne citer qu'eux s'en donnent à coeur joie! Un seul slogan: soyez belle et désirable! La palme d'or revient à Yves Rocher et son affiche avec des femmes manifestant, sur leur banderoles: "Belles oui! Ruinées non!"Ben oui! Qu'est-ce qu'elles peuvent revendiquer les femmes à part la beauté? Etre belle pour plaire aux hommes, aux vrais, parce qu'elles aiment les machos c'est bien connu. D'ailleurs la preuve c'est qu' elles ne partent pas quand elles sont battues, c'est bien qu'elles aiment! Et elles ne portent pas plainte quand elles sont violées, c'est bien qu'elles aiment (celles qui osent aller voir la police sont des mal-baisées qui se vengent, c'est bien connu aussi).
Ca m'écoeure! Je me sens insultée par ce détournement. Comme si on voulait minimiser les problèmes, voire les nier. C'est le seul jour où l'on peut mobiliser les médias, sensibiliser la population et on nous renvoie à des clichés.
Plus que des hommes violents, des violeurs, des groupes anti-IVG, j'ai peur de cette torpeur, cet immobilisme et cette indifférence dans laquelle notre société se complaît. C'est tellement plus simple de se voiler la face et de penser "Ca n'arrive qu'aux autres et parce qu'elles le veulent bien" plutôt que d'agir.
Points positifs malgré tout? Oui et heureusement!Hier je suis allée au rassemblement près des Halles. C'était ma 1ere manifestation. De nombreuses personnes sont venues, femmes et hommes, beaucoup d'hommes d'ailleurs, soutenir cette lutte pour l'égalité et même nous dire merci pour notre engagement.Mais si je ne dois garder qu'un souvenir de cette journée c'est celui de cette maman qui s'est approché de moi pour me dire "merci pour ce que vous faites. Merci pour elle, me montrant sa fille de 2 ou 3 ans parce qu'il faut que faire quelque chose."


Par Alice aliceinwonderdanmark, dimanche 9 mar 2008