dimanche 13 juin 2010

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C'est le nombre de femmes décédées sous les coups de leur conjoint, petit ami ou ex depuis le début de l'année 2010 en Espagne.
Ce chiffre, tout le monde le connait. A moins peut-être d'être un-e ermite loin perdu-e sur sa montagne.
Ce chiffre, il est vécu comme une honte. Comme une chose indigne d'un pays civilisé. Ce chiffre est répété sans cesse dans les médias. Ici, chacune de ces morts fait la Une des JT. Les mots sont ceux qui correspondent à une telle horreur: meurtre, assassinat, violence machiste, violence de genre.
On entend ça tous les jours à la télé. On voit les marches à la mémoire des victimes: autant d'hommes que de femmes manifestent leur indignation.
Le mari/copain/ex est un "assassin", un "meutrier". Aucune excuse n'est invoquée pour justifier un acte aussi inqualifiable que le meurtre.
La question des services d'aide: pourquoi cette femme n'a pas reçu l'aide qu'elle aurait dû recevoir? Qu'est-ce qu'on doit faire pour que les femmes viennent demander de l'aide et que la violence cesse?

Alors oui, des mortes, il y en a. Trop c'est sûr. Mais d'une vision purement statistique, il y en a beaucoup moins qu'en France proportionnellement à la population. On emploie ouvertement les mots "meutre" , "assassinat" pour qualifier ces crimes. Aucun mots d'excuses et de compassion pour le meurtrier. Non! Etre au chomâge ne justifie pas de tuer sa compagne. Non! Avoir trop de travail ne le justifie pas non plus.
Oui il y a des mortes, oui il y a des femmes battues tous les jours, oui il y a des violences innommables envers les femmes en Espagne. Mais au moins, en tant que femme et potentielle victime, on sent de quel coté se trouvent les médias, la société, la justice.
On n'efface pas des siècles de machisme en quelques années (la loi cadre contre les violences à changer beaucoup de choses en positif et elle ne date que de 2004) mais au moins la volonté est là. On est informé-e et en tant que femme encouragée à dénoncer la violence. Les hommes sont aussi directement interpellés par les campagnes de prévention et les médias.
A noter également que la Mairie de Barcelone a condamné "l'assassinat" d'une femme par son compagnon.

Combien de femmes mortes en France? Je n'en sais strictement rien. Je suis tous les jours les médias français et je n'ai pas la moindre idée des violences faites aux femmes en France. Je le saurai sans doute à la fin de l'année grâce aux sites et blogs féministes.
En attendant, je suis juste au courant quand un pauvre homme harrassé de travail trucide sa femme et ses enfants avant de se suicider. Parce que quand seule la femme décède, les médias ne voient pas la nécessité d'en parler. Je suis au courant que c'est terrible ce que ce pauvre homme à dû endurer pour en arriver là. Je suis au courant que cet homme est une pauvre victime. Je ne suis au courant de rien de sa femme et ses gosses.
Combien de Mairies condamnent cet assassinat? Oh pardon! Ce drame familial!!!!!!

A lire pour la France

A lire pour l'Espagne (en espagnol of course)

3 commentaires:

marsupilamima a dit…

j'ai sussi poste ça http://marsupilamima.blogspot.com/2010/06/musique-on-enterre.html

marsupilamima a dit…

le pb en France, c'est que ces meurtres ne sont pas répertoriés à part par la police, alors qu'en espagne, oui. Donc, il est difficile d'être au courant à moins de créer un groupe de veille pr surveiller la presse de province, la presse nationale et les sites. Je l'ai déjà proposé mais personne n'a le courage, gros boulot, faut dire....

Alice a dit…

Très gros boulot mais surtout mauvaise volonté des politiques pour traiter du sujet. Il s'agit pourtant d'un problème de société.
Heureusement quelques blogs recensent ces meurtres mais les moyens manquent cruellement pour une lutte efficace. Et puis c'est tellement plus confortable de dire "chut, on sait pas on n'a pas vu". Ici on en bouffe tous les jours de la violence conjugale. C'est terrible à entendre, dur mais au moins les consciences commencent à bouger, les gens bougent pour qu'on n'entende plus parler de ces violences. Pas en les cachant et les niant, mais en les éradiquant.