mercredi 11 novembre 2009

Débuts bloggesques

Stedransky m'a tagguée! Et voici l'objet du tag:



Quels sont vos trois premiers billets politiques – ou importants pour votre thème – écrits lors de vos trois premiers mois de bloguage ? Vous semblent-ils encore pertinents ? Quel est leur principal défaut ?



Il faut savoir que j'avais un blog avant celui-ci, vous pouvez toujours y jeter un oeil, il y a entre autres mes photos du Japon.

Je vais prendre des billets que j'ai publié sur ce blog actuel. Je l'ai ouvert en mars 2008 et j'y avais transféré (enfin copié-collé) quelques billets du précédent blog.

Le choix fût difficile mais voici ceux que j'ai retenus:


Petit détail qui n'en est pas un

Oh! Tu n'as pas encore trouvé?

Danser, pas faire de la performance

J'ai choisi ces 3 car ils traitent de sujets récurrents ici c'est à dire le féminisme, le refus de faire ou de vivre quelque chose uniquement parce que la société nous l'impose et la Danse avec la vision que j'en ai.

Sont-ils pertinents? Ben je crois bien que oui. Et tous les 3 (enfin le 2nd plus pour moi parce que j'ai trouvé sans avoir cherché, mais ça n'enlève rien à ce que j'ai écrit, cette pression sociale est infecte) et le dernier encore plus. Regardez un peu ce fameux Genus à l'affiche de l'ODP. Moi j'appelle pas ça de la danse: j'appelle ça du massacre de corps. Mais bon...

Un petit point positif quand même: j'ai l'impression que de plus en plus de femmes refusent cette discrimination causée par la distinction Madame/Mademoiselle. Et même si on pose encore la question à toutes les femmes, certaines administrations et associations ont suivi ce qu'à fait la CAF c'est à dire ont supprimé la case Mlle. Par contre sur d'autres sujets, ça empire. J'ai hésité entre plusieurs billets féministes, d'autres étant plus percutants mais j'ai choisi celui-là car c'est le plus "léger" si je peux dire. Et je n'avais pas envie de remettre du lourd sur le tapis. Même si cette distinction est aussi violente en soi car implique même inconsciemment un statut de dépendance des femmes.

Leur défaut? Je dirai leur titre pour commencer. J'ai toujours du mal à trouver un titre pertinent. Ensuite j'ai l'impression de ne pas aller assez en profondeur, de ne pas analyser suffisament le sujet. Le pire c'est que je n'ai pas l'impression de m'être améliorée depuis.

Et bien maintenant il s'agit de refiler le bébé aux copines: ennA, Shane, Thé Citron, Pomme (même si ton blog est tout neuf) ça vous tente?


mardi 10 novembre 2009

La domination masculine


Ce documentaire de Patric Jean sortira le 25 novembre dans les salles UGC.

Je reviens de l'avant première: à consommer sans modération par tous ceux et toutes celles qui rigolent de Chantal qui oublie le cantal parce que c'est de l'humour et qu'il faut avoir un peu de 2nd degré dans la vie. Ainsi qu'à tous ceux et toutes celles (sûrement les mêmes d'ailleurs) qui souhaitent des tonitruants Bonne Fête aux femmes le 8 mars, comme si c'était pas tous les jours la fête aux marrons et aux bleuets pour des millions d'entre nous.


Merci à Patric Jean pour ce film salutaire ainsi qu'à UGC de le diffuser.

Lesbienne et évêque, où ça?

Ben à tout hasard...en Suède.
http://www.lesquotidiennes.com/soci%C3%A9t%C3%A9/su%C3%A8de-une-femme-homosexuelle-devient-%C3%A9v%C3%AAque.html

De la poule et de l'oeuf: est-ce que la Suède est aussi ouverte parce que sa principale religion (prostestantisme) est une religion ouverte ou est-ce que c'est la société qui est ouverte au point de faire évoluer la religion avec son époque?

Enfin, tout ça me pousse à une question cruciale: mais qu'est-ce que je suis revenue foutre en France alors que je commençais à être chez moi là bas????? Y'a des jours comme ça où je me dis que je suis vraiment bite. Mais plus pour longtemps.

lundi 9 novembre 2009

Halte au jouets sexistes!

Chaque année pour Noël, Mix-Cité organise des actions contre les jouets sexistes. Cette année, l'association propose de signaler le partage sexiste des jeux et jouets à la Halde. Comment? C'est très simple:


Action contre les jouets sexistes, Mix-Cité Paris 2009
URGENT : novembre – décembre 2009

Mode d’emploi (prend 5 minutes !)

Vous trouvez en pièce jointe un fichier à imprimer et à remplir à la main ou sur votre
ordinateur.
Il s’agit simplement de compléter :
- votre nom-prénom, vos coordonnées,
- l’indication de votre relation avec un enfant pour signaler à la HALDE que vous êtes
concerné-e (soit que vous êtes parent, soit que vous avez un enfant dans votre
entourage)
- le nom et l’adresse d’un magasin qui pratique l’affichage sexué (et sexiste) des jouets
que vous signalez à la HALDE.

1/ Vous signez et vous envoyez le courrier par la poste au
Service Promotion de l’Egalité
HALDE, 11 rue St. Georges, 75009 PARIS


2/ Vous envoyez à Mix-Cité soit un double par courrier électronique ou postal, soit tout
simplement un courrier électronique intitulé “Action jouets 2009” dans lequel vous nous
indiquez seulement la date d’envoi de votre courrier à la HALDE et l’adresse du magasin de
jouets signalé, pour que nous puissions centraliser le tout (contact@mix-cite.org).
----------------------------------
Nota bene :
Le Service Promotion de l’Egalité recueille les suggestions, les bonnes pratiques, et reçoit les
demandes d’initiative. Nous ne pouvons pas saisir la HALDE directement si nous ne sommes
pas à titre individuel victime d’une discrimination et si nous ne pouvons pas apporter des
preuves du préjudice subi. C’est pour ces raisons que nous avons préféré envoyer ce courrier à
ce service, plutôt que de saisir la HALDE.

modèle de courrier de corps de courrier:

Il y a quelques jours je souhaitais acheter des jouets à
(ma petite fille, mon petit garçon, une petite fille de mon entourage, un petit garçon de mon entourage,…)
et j’ai voulu qu’il/elle puisse les choisir dans le magasin suivant
(NOM du magasin )
situé (adresse du magasin)
Or, il se trouve que le magasin séparait clairement un rayon pour filles et un rayon pour garçons au moyen d’affichages explicites et de très grande taille mentionnant les mots « filles » et « garçons ».
Cette distinction figure aussi clairement dans les catalogues de vente du magasin ainsi que sur son site internet.

Il est évident que cet affichage fléché empêche les enfants de choisir des jeux, jouets, déguisements, etc. en fonction de leur caractère, leurs aptitudes et leurs envies et les force à se conformer aux rôles stéréotypés liés aux genres, qui sont à l’origine de la plupart des discriminations de sexe.

Pour les adultes, l’affichage sexué des offres d’emploi est interdit et reconnu par le code du travailcomme une pratique discriminatoire passible de poursuites (L 1132-1 du Code du travail fixe l’obligation de faire apparaître clairement que l’offre d’emploi s’adresse indistinctement aux
hommes et aux femmes, R. 1142-1 fixe la liste très restreinte des emplois qui échappent à cette
règle). Ces mesures constituent une avancée récente et importante car elles contribuent à la
promotion de la mixité dans le monde du travail.

Néanmoins, de nombreux métiers restent encore très sexués malgré l’ouverture des filières de
formation et malgré cette formulation neutre des offres d’emploi ; et ce précisément parce que
l’orientation professionnelle se fait de façon progressive souvent dès la petite enfance, et en grande partie par le biais des jeux. On peut citer comme exemple les panoplies de déguisement d’infirmière conçues spécifiquement pour les petites filles et les panoplies de médecin pour les petits garçons.

Par conséquent, au vu de l’insuffisance des mesures existantes, pour espérer oeuvrer véritablement en faveur de la mixité professionnelle et de l’égalité entre les femmes et les hommes, il m’apparaît comme indispensable d’étendre aux enfants les mesures de lutte contre les discriminations sexistes.

Ainsi, je demande à la HALDE de recommander aux magasins de jeux et jouets, aux fabricants et
aux publicitaires de prohiber tout affichage sexiste dans la promotion de leurs produits afin de
protéger les enfants d’un conditionnement précoce contre lequel il sera vain de lutter à l’âge adulte.

dimanche 8 novembre 2009

Carole Roussopoulos nous a quitté

Sa disparition le 22 octobre dernier s'est faite discrète. Pourtant, cette réalisatrice aux oeuvres fortes et engagées mérite un bel hommage.


« Ce qui compte pour moi, c’est la parole des autres, celle que l’on n’entend jamais.»

Carole de Kalbermatten naît en Suisse, à Lausanne, le 25 mai 1945. Sion, dans le Valais,
est son lieu de l’enfance. Après une scolarité classique, elle débute ses études universitaires
de Lettres en Suisse, qu’elle poursuivra à Paris. C’est là qu’elle rencontre Paul
Roussopoulos, réfugié politique grec, physicien, peintre, son compagnon de vie, d’activisme
et de vidéo, père de ses 2 enfants. Elle travaille pour le magazine Vogue et accessoirement
Jeune Afrique. En 1970, elle quitte le journalisme et s’achète, sur les conseils de Jean
Genet, la première caméra vidéo portable le fameux portapack de Sony. Elle saisit
immédiatement toutes les possibilités de la machine et exploite ses possibilités, sa légèreté,
sa mobilité son coût faible par rapport au support cinéma. Elle commence à filmer, puis à
monter les images. Le travail de montage est acrobatique au début, mais Paul invente une
façon de monter artisanale, avec scotch et ciseaux et un calcul de synchronisation, méthode
qui fera école dans le milieu de la vidéo militante. Le tournage avec cette caméra ne
nécessitant pas une équipe nombreuse, souvent Paul tient le micro et Carole la
caméra.


Avec Paul, elle monte en 1970 un petit groupe vidéo à Paris nommé Video Out La
même année, elle réalise Jean Genet parle d'Angela Davis et un film dans les camps
palestiniens Hussein, le Néron d’Aman (la copie a depuis disparu). Elle filme, dans la
traditionnelle manifestation du 1er mai 1970, le premier défilé d’homosexuels à Paris et suit
le Front Homosexuel d’Action Révolutionnaire dans ses réunions historiques à l’Université de
Vincennes, au département de philosophie. Elle laisse tourner sa caméra et capture les
échanges et les débats sans couper. Elle concilie l’art d’écouter et de voir avec une rare
clairvoyance. D’un coup d’oeil, elle saisit l’assistance, les réactions de ceux qui écoutent. Son
sens de la caméra, de la bonne place, de la bonne distance, assure la pertinence de son
propos au montage. Elle met ses connaissances à portée des militantes féministes en
organisant des ateliers, des stages de vidéo attirant de nombreuses femmes, notamment
Delphine Seyrig qu’elle rencontre à cette occasion et avec qui elle entame une longue
collaboration. Elles réalisent ensemble en 1976 un petit pamphlet remarquable S.C.U.M.
Manifesto. Carole Roussopoulos suit les luttes des femmes et les filme. Son travail sert
d’amplificateur aux luttes des prostituées de Lyon, des ouvriers des usines Lip, aux combats
pour l’avortement et la contraception libre et gratuite. Loin de chercher à s’intégrer aux
groupes ou à s’identifier aux personnes qu’elle filme, elle tente d’appréhender au plus juste,
une situation, une parole. Ainsi elle met en images les luttes internationales, les luttes des
exclus, le quart-monde, les clochards, les luttes au quotidien (à l’hôpital, en foyer de retraite),
la lutte des mères des détenus basques, et toutes les luttes des femmes (avortement, viol,
contraception, violences, égalité professionnelle…) En 1982, elle fonde avec Delphine
Seyrig et Ioana Wieder, le Centre Audiovisuel Simone de Beauvoir premier centre d’archives
audiovisuelles consacré à l’histoire et à la mémoire des femmes. Écoutant sans pour autant
jamais commenter, la réalisatrice n’a de cesse de remettre en cause les idées préconçues
des spectateurs sur des sujets polémiques ou le plus souvent ignorées par les médias grand
public. En quelques minutes sur une situation difficile ou conflictuelle, elle prend quelques
repères rapides, capte une pensée, un discours, une façon de parler, de regarder, de
travailler, de déambuler. Il s’agit d’une véritable exploration et non d’une démonstration
formatée aussi bien dans la prise de vue que dans le montage. Fidèle en amitié et en travail,
elle collabore en toute complicité avec des cadreurs, des preneurs de son, donnant en
général peu d’indications verbales. Pendant le tournage, elle sait faire reprendre une phrase,
changer une lumière, déplacer une personne, questionner plus avant ceux qu’elle filme. Il n’y
a rien d’automatique, Carole Roussopoulos reste très attentive et présente toujours à
l’écoute de la personne filmée. Tant avec les prostituées de Lyon qu’avec les Lip ou les
femmes victimes de violence, elle mène un vrai travail d’écoute sur la durée. Elle tourne de
longs entretiens, tout en restant mobile et prête à filmer si un évènement intervient. En
collaboration avec des groupes ou des associations, elle aborde les questions dont les
féministes se sont saisies: l’avortement, la contraception, le viol, l’inceste. Les films circulent,
deviennent des supports de débats et des outils de formation. Elle travaille aussi bien pour
et/ou avec des groupes militants, des associations, des fondations, des ministères. Ses
premiers films inscrivent son oeuvre, qui compte aujourd’hui plus de 100 films, dans son
rapport au monde. La parole des autres est primordiale. Le combat pour les droits
fondamentaux est légitime. L’être humain est au premier plan. Dans les années 80, elle
s’intéresse à la place des femmes dans le monde du travail, aux métiers et aux statuts
professionnels non reconnus (Profession agricultrice, Profession conchylicultrice) et à
l’égalité professionnelle dans le monde agricole comme dans l’industrie nucléaire. De 1987
à 1994, elle gère et anime l’Entrepôt, lieu comprenant trois salles de cinéma, une libraire et
un restaurant. Elle apprend alors le métier de programmatrice de films et de gérante de
restaurant. Dans les années 90, elle entreprend un vaste travail sur la maladie, la mort, la
douleur, l’accompagnement des personnes en fin de vie, tant du côté des malades que des
soignants. En 1995, elle reprend pied en Suisse et décide de tourner des sujets peu
abordés dans on pays d’origine: les violences contre les femmes et les enfants,
l’homosexualité. Elle travaille parallèlement à la restauration de ses premières vidéos. En
voyant s’éteindre autour d’elles des femmes ayant lutté pour les droits de femmes et en
constatant l’éparpillement et la dégradation des archives audiovisuelles sur le mouvement
féministe, Carole Roussopoulos se lance dans un grand projet de film sur le mouvement de
libération des femmes qui donnera en 2000, le film Debout ! Une histoire du Mouvement de
Libération des Femmes (1970-1980). Le film connaît un grand succès dans les festivals, fait
l’objet de très nombreuses projections dans le monde et donne lieu à une presse abondante
et élogieuse. En 1992 Carole Roussopoulos est nommée Chevalière des Arts et des Lettres
et Chevalière de la Légion d’Honneur en 2001 consacrant «ses 32 ans d'activités artistiques
de réalisatrice de films». En 2003, elle a toujours de nombreux projets en tête dont la
seconde partie du film Debout, une histoire du mouvement des femmes.


La réouverture du Centre audiovisuel Simone de Beauvoir en 2004 accompagnera une
première rétrospective des films de Carole Roussopoulos dans le cadre des programmations
de Nicole Brenez à la Cinémathèque française et le début de la numérisation puis de la mise
au dépôt légal de ses films. De 2004 à 2009, Carole a filmé des femmes maliennes utilisant
le micro-crédit, a traité des mutilations sexuelles, des mariages forcés, des soins palliatifs
entre autres sujets. Elle terminait ces jours-ci un portrait de Delphine Seyrig.
Le 9 octobre 2009, Carole Roussopoulos a reçu le Grand prix culturel du canton du Valais
couronnant l’ensemble de son oeuvre.


Carole, qui se battait depuis plusieurs années contre le cancer qui vient de l’emporter le 22
octobre 2009, n’a jamais cessé de filmer et de monter de nouveaux projets avec passion.
Biographie rédigée en 2003 par Nicole Fernández Ferrer. Addendum octobre 2009.
2003 pour l’encyclopédie Nouveaux Medias (New Media Encyclopedia, coproduit par le
Centre Pompidou, Paris, le Centre pour l’image contemporaine, Saint Gervais, Genève,
Constant vzw, Association pour les Arts et les Média, Bruxelles, le Centre national des arts
plastiques, Fond national d’art contemporain, Paris et Museum Ludwig, Köln. Avec le soutien
de la Commission européenne.


Merci à Sheila Malovany-Chevallier et à Vivian Ostrovsky

Et quelques uns de ces nombreux films:

Genet parle d'Angela Davis (1970)
Le F.H.A.R. (Front Homosexuel d'Action Révolutionnaire) (1971)
Y a qu'à pas baiser ! (1971-1973)
Lip : Monique (1973)
Les Prostituées de Lyon parlent (1975)
S.C.U.M. Manifesto (1976)
Maso et miso vont en bateau (1976)
Le Viol : Anne, Corinne, Annie, Brigitte, Josyane, Monique et les autres... (1978)
Profession : agricultrice (1982)
La Mort n'a pas voulu de moi : Portrait de Lotte Eisner (1984)
Les Clés de Mauzac (1987)
L'Inceste, la conspiration des oreilles bouchées (1988)
Les Hommes invisibles (1993)
Debout ! Une histoire du Mouvement de libération des femmes (1970-1980) (1999)
Donner c'est aimer (2002)
Vieillir en liberté (2002)
Viol conjugal, viol à domicile (2003)
Il faut parler : Portrait de Ruth Fayon (2003)
Le Jardin de Lalia : des microcrédits pour les femmes maliennes (2004)
Des fleurs pour Simone de Beauvoir (2005)
Les Années volées (2005)
Sans voix... mais entendus ! Un hommage aux soins palliatifs (2006)
Pour vous les filles ! (2006)
Je suis un être humain comme les autres (2006)
Femmes mutilées, plus jamais ! (2007)
Mariages forcés, plus jamais ! (2008)
Ainsi va la vie. Cancer : de la peur à l'espoir (2009)
Pramont : une deuxième chance (2009)
Delphine Seyrig : un portrait (2009)

samedi 7 novembre 2009

Very glamourabeul!

Grâce à Hélène, j'ai eu la possibilité de participer à un atelier faux cils chez MAC. Je n'avais jamais porté de faux cils et j'avoue que je n'y pensais pas vraiment non plus mais l'occasion faisant le larron, je me suis laissée tentée. C'est avec beaucoup de curiosité et de circonspection que je me suis rendue à ce fameux atelier.
Alors déjà quels faux cils choisir? A avoir des faux cils, autant que j'ose les porter dans la rue parce que si c'est pour les laisser dans leur boîte, ça ne servira pas à grand chose. Exit donc les modèles colorés et démesurément longs.
J'opte pour un modèle très naturel mais avec un peu de longueur. Bah faut quand même qu'ils apportent un truc en plus ces faux cils sinon ce n'est pas la peine non plus.

Me voici donc en moin de 2 avec un faux cil et mon tube de colle en main. Toute la réussite de la pose tient en effet dans l'application de la colle sur le cil. Sauf que la base du cil doit faire moins d'1/4 de milimètre. Pratique.
Ca se pose quand même pas trop mal avec un petit pinceau.
Et c'est là qu'on rigole!!
Comment je le mets sur l'oeil ce cil sans me foutre de la colle partout? Il faut le coller sur la paupière et non pas sur les cils mais au ras de ceux-ci. En plus je n'ai pas de chance: les faux cils, habituellement trop longs et donc nécessitant d'être coupé, sont trop courts pour mes yeux. Il faut donc que je décale le cil de manière à ce qu'il couvre bien le coin externe de l'oeil quitte à ce qu'il n'arrive pas au bout du coin interne.
Heureusement, la colle en latex permet qu'on y revienne dessus.
Bref, après quelques efforts de concentration, voilà les cils posés. Et là, agréable surprise: aucune gêne, je ne les sent pas, c'est comme si je n'avais rien mis. Et pourtant, mon regard n'est pas le même! C'est juste WOW! J'adore!! Et ils tiennent!! Quand je sors de la boutique il commence à pleuvoir et il vente: rien ne bouge.

Je crois que vais vite être fan!! Bon pas pour tous les jours mais de temps en temps c'ets un petit plaisir fun à souhait que je me referai bien volontiers.

Les photos ne sont pas top mais tant pis, je les mets quand même!






vendredi 6 novembre 2009

Je suis seule ce soir

Rappelez vous quand je suis arrivée à Paris: je cherchais désespérement une colocation. Hors de question d'avoir mon appart toute seule.
Je déteste être seule. Enfin non, ce n'est pas tout à fait ça. Il y a des moments où j'ai besoin de solitude, d'être seule dans ma chambre à moi et rien qu'à moi sans personne pour me tenir le crachoir. Mais qui dit seule dans ma chambre à moi ne dit pas seule dans la maison.
Si j'ai besoin de fermer la porte à clé par moment, j'ai quand même besoin d'entendre la vie dans l'appartement: une porte qui s'ouvre, un murmure, l'eau de la douche...Ca me rassure.

A Paris, je n'ai pas trouvé le système de colocation très répandu. Colocation à plusieurs j'entends! C'est pourquoi qu'en désespoir de cause j'ai consenti à emménager avec celui qui deviendrait Skat quelques mois plus tard.
Une coloc à 2 ne m'emballait pas car il y a toujours un moment où on part en vacances, en voyage, en stage et où on laisse donc son ou sa coloc seul-e pour quelques jours. Je n'aime pas ça d'autant plus que notre appart fait quand même dans les 80m2. 80m2 pour moi toute seule avec juste le bruit des secondes qui défilent sur l'horloge.

En ce moment, Skat rédige sa thèse et comme la dead line approche à grand pas, il n'est pas là souvent. Tellement que j'ai le sentiment de vivre seule. Parti tôt le matin, rentré très tard le soir et parfois même pas rentré du tout, Skat me manque. Et doublement!
Premièrement parce qu'on est un peu en couple et que je n'en ai pas toujours l'impression actuellement.
Deuxièmement et c'est le plus dur, parce que sans parler de couple (on est en couple mais on n'est pas siamois, il y a toujours des moments où l'autre a quelque chose à faire ailleurs et je le comprends) je ne suporte pas d'être toute seule. J'ai absolument besoin de vie autour de moi. Je ne me sens pas à l'aise toute seule.

Je vais devoir prendre mon mal en patience. La soutenance est pour très très très bientôt et on débarras!!

jeudi 5 novembre 2009

C'est quand qu'on fait des pointes?


Voici un commentaire de Stedransky : il parait que les garçon ne peuvent physiologiquement pas faire de pointe, ainsi que certaines filles, parce qu'ils n'ont pas de cou de pied ?

La balletomane que je suis n'a pas résisté à faire un billet sur cette question même si je ne suis pas une spécialiste hors pair.

En effet, quand on dit chausson de pointes, beaucoup y associe automatiquement un tutu et bien sûr une fille dans les pointes et le tutu. C'est le coup du classique: pour les filles, pointes et tutu rose.
Et concernant les pointes, c'est vrai qu'on voit peu de garçons sur pointes dans les cours. Remarquez qu'on voit peu de danseur tout court.

Et pourtant! Il y a dans le répertoire des rôles pour homme sur pointes. Ce sont en général des rôles de femmes (mère de Lise La Fille Mal Gardée, marâtre de Cendrillon version Noureev) interprétés par des hommes. Les garçons ont donc tout intérêt à s'intéresser un tant soit peu à ces fameux chaussons.

Mais revenons un peu en arrière dans le temps.
Les pointes ont été "inventées" par Marie Taglioni qui eût la première l'idée de renforcer le bout de ses chaussons. Le but était de paraître aussi légère que possible et sembler voler.
Pourquoi? Parce que Marie Taglioni est le symbole de la danse classique romantique. Ce style romantique fût initié par son père, Filipo Taglioni, qui créa pour elle de nombreux rôles. C'est le début des ballets "blancs" caractérisés par des personnages féminins fantastiques comme les elfes, fées, fantômes donc des personnages volants ou flottants dans l'air. C'est la naissance du style Sylphide, ballet crée en 1832 par Filipo Taglioni à l'Opéra de Paris et reprit et recrée en 1836 par August Bournonville à Copenhague. Les pointes associées au long jupon de tulle vaporeux donnaient (et donnent encore) cette sensation de légèreté et d'envol.
Or, ces rôles étaient dévolus à la danseuse. Le danseur, lui, incarnait un simple mortel amoureux d'un idéal féminin inaccessible. Je pourrai disserter des pages entières sur ce partage des rôles féminins/masculins mais on serait pas sorti-e-s du bois donc ça sera pour une prochaine fois.

En attendant, les danseuses se doivent d'interpréter des êtres irréels, éthérés, inaccessibles comme bien sûr la Sylphide, cette sorte d'elfe des forêts. Mais aussi Giselle (1841), jeune paysanne qui va devenir une wilis. Les wilis sont les fantômes de jeunes femmes trahies par leur fiancé le jour de leur fiançailles. Puis le Lac des Cygnes (1872) et toutes ces femmes cygnes qui volent et flottent sur l'eau et La Bayadère (1877) avec ses Ombres . Voilà pour les plus connus. Et quoi de mieux que de glisser sur la pointes des pieds pour rendre au mieux ce caractère éthéré?

Ici Marie Taglioni dans La Sylphide






Carlotta Grisi, créatrice du rôle de Giselle:

L'évolution de la danse au 19eme siècle a donc contribué au développement de l'usage des pointes pour les danseuses. En effet, que les femmes aient une morphologie pédestre différente de celle des hommes ne justifie pas tout! Elles ne sont tout de même pas faites pour marcher ainsi sur la pointe des orteils.
D'ailleurs, chausser des pointes n'est pas anodin! Ca peut même être dangereux!
Déjà il ne faut pas commencer trop jeune car la cheville doit être forte et il faut voir à quel stade de croissance est arrivée l'ossature. Mais même avec des chevilles fortes, les pointes c'est immanquablement des ampoules, des cors, des ongles incarnés à répétition, des chutes d'ongles et un rétrécissement du pied.
J'ai gagné une pointure quand j'ai arrêté de danser il y a 10 ans. Je l'ai reperdue quand j'ai redanser il y 6 ans. Je l'ai reprise quand j'ai re-arrêté. Je m'attends aujourd'hui à la reperdre puisque je suis en train de reprendre le classique.
J'adore les pointes. Je crois bien que si je suis devenue autant accro à la danse c'est grâce aux pointes. Et pourtant je sais que ce n'est pas bon.
Il y a d'ailleurs quelques débats sur certains forums de danse. Les pointes sont décriées par certain-es. J'ai même lu des commentaires qualifiant ces chaussons de misogynes par des personnes pourtant pas vraiment portées sur le sujet.
C'est vrai. Mais toute activité physique pratiquée au nivau professionnel comporte des risques. Et les danseurs, s'ils n'ont pas de problème de pointure, souffrent des cervicales à force de porter leur partenaire. Et oui! La sylphide évanescente a malgré tout un poids bien réel!

Je fais des pointes en connaissance de cause parce que monter sur pointes me procure un plaisir infini. Ce que je ne cautionne pas en revanche ce sont ces pseudo professeurs qui brandissent leur Diplôme d'Etat tout en mettant des gamines de 8 ans sur pointes. Bien sûr qu'on veut faire des pointes quand on a 8 ans! Moi même j'en faisais pieds nus quand j'en avais 6. Seulement à cet âge on n'a pas encore conscience que notre croissance n'est pas finie et qu'on peut le payer très cher plus tard. Le ou la prof est là pour expliquer pourquoi on peut ou non faire des pointes.

Donc, même si on est prête physiologiquement, on sait bien que ce n'est pas du tout naturel.
Et puis certaines personnes n'arriveront jamais à monter sur pointes. C'est le cas des filles et des garçons qui n'ont pas assez de force dans la cheville car l'effort pour monter sur la plateforme (le bout du chausson) est considérable.
Il y a aussi le cou de pied qui peut en effet jouer un rôle. Déjà, un cou de pied, ça se travaille. Tout le monde n'a pas un joli cou de pied naturellement. Ensuite, le cou de pied a une fonction esthétique plus que pratique. J'ai vu un nombre incalculable de fille sans aucun cou de pied monter sur pointes sans difficulté. C'est d'ailleurs beaucoup plus facile de faire des ballonés sur pointes quand on n'a pas de cou de pied! C'est moche. C'est même visuellement immonde selon moi mais bon...
Le plus important c'est de bien choisir ses chaussons. Une personne sans cou de pied va préférer une semelle souple tandis que les forts cou de pieds iront jusqu'à acheter des tiges de renfort en acier à glisser dans leur semelle.
De toute façon, à niveau pro, tout le monde a quand même un certain cou de pied. Ne serait-ce que par l'entrainement. A force de danser, le corps se forme à la discipline.
Rien n'empêche les hommes de faire des pointes s'ils le veulent à part peut-être la tradition. Il y a d'ailleurs une compagnie d'hommes qui dansent exclusivement sur pointes toutes les variations femmes du répertoire. Perso je n'aime pas du tout. Ils veulent ridiculiser certains aspects pompeux du classique mais ils pourraient trouver un autre moyen que de singer des danseuses dans des chefs-d'oeuvre. Je mets toutefois une vidéo pour montrer que les pointes ne leur sont pas un problème:















Et je ne peux pas finir ce billet sans vous mettre l'entrée des Ombres de la Bayadère. Magique!