mercredi 1 septembre 2010

Sale féministe!

La lutte contre le sexisme? Mais c'est plus à la page! C'est pour les lesbiennes frustrées poilues et qui puent. Ou pour les Afghanes et éventuellement les iraniennes. Mais en Occident! En France!! Quand même! La preuve:

http://www.lesnouvellesnews.fr/index.php/civilisation-articles-section/34-civilisation-categorie/611-l-la-cite-du-male-r-cite-interdite

Je ne tiens pas à rédiger un billet développé à chaud là-dessus mais juste revenir sur l'avant dernière phrase de l'article avec laquelle je suis en total désaccord (pas avec le reste et d'ailleurs ça fait du bien de voir que certains médias osent dire la vérité sur le sexisme. merci!):

Nombre de sociologues l’affirment : les hommes de ces cités connaissant de plus en plus de difficultés à s’insérer, ils retournent la violence qu’ils subissent contre les femmes.

Si on considère ce postulat, les hommes s'en prennent aux femmes parce qu'ils ont du mal à s'insérer. Les hommes "insérés" ne comptabilisent donc aucun macho dans leur rang? Et puis si on suit cette logique, ce serait aux femmes d'être violentes et de contrôler la tenue des hommes.
En effet, qui a le plus de mal à s'insérer? Qui représente 80% des RMIstes (RSA aujourd'hui)? Qui occuppe 80% des emplois à temps partiels contre leur gré? Qui a diplôme égal gagne toujours 25% de moins? Les hommes ou les femmes?
Comment se fait-il que les femmes ne retournent pas cette violence contre les hommes?

Les hommes s'en prennent aux femmes parce qu'ils vivent dans une société machiste, patriarcale qui les éduque dès le berceau à être des petits "durs", des vrais "mecs" chasseurs de femelles et détenteurs d'autorité et ce , que ce soit chez Mouloud ou chez Charles-Antoine. Ils subissent cette pression à dominer tout autant que les filles subissent un matraquage pour accepter cette domination non seulement sans broncher mais en en redemandant.
La violence machiste n'est pas l'apanage des pauvres et des exclus ou des immigrés. Les filles, femmes, soeurs d'ingénieurs, de docteurs, de professeurs, etc sont aussi victimes de violence tout simplement parce cette violence ne provient pas d'un problème de classe sociale mais de classe de sexe.

6 commentaires:

Agnès Maillard a dit…

Merci d'avoir cité notre article et argumenté votre désaccord. Ce ne serait pas la première fois que la lutte légitime contre la domination des femmes serait exploitée pour servir d'autres fins, d'autres intérêts. Finalement, cette affaire est très éclairante sur les maux qui rongent actuellement notre corps social et nous ne pensons pas particulièrement aux populations des cités, que les médias sont si promptes à dégainer quand il s'agit de trouver des gens à montrer du doigt.

Voilà qui nous incitera à l'avenir à encore plus de prudence et de circonspection.

isabelle G a dit…

ceci n'exclut pas cela... Le fait que les mecs mal inséré socialement s'en prennent violemment aux femmes pour affirmer un reste de supériorité n'exclut pas qu'ils vivent dans une société profondément machiste, c'est même pour ça qu'ils le font. Les hommes insérés socialement expriment leur machisme autrement, en sous payant les femmes et en leur laissant les jobs précaires par exemple. A l'occasion, certain d'entre eux les tabassent aussi...

femme4femme a dit…

entièrement d'accord avec ce que tu écris...je n'aurais jamais pu dire mieux.
Et le pire, oui dans cette histoire, c'est que les femmes en redemandent. mais comme disait Beaudelaire, la victime est son propre bourreau...

Alice a dit…

Agnès Maillard, je n'ai pas Arte et n'ai donc pas uivi la soirée. J'ai été attérée d'apprendre la censure, oups, la déprogrammation, de ce docu. dans le pays des libertés (soi-disant) c'est gravissime. le fait que cela se passe dans les banlieues ne change rien au problème: ces banlieues sont en France.
J'ai voulu réagir sur le traditionnel "c'est la faute à la fracture sociale" alors que c'est la faute au patriarcat. Mon billet n'est d'ailleurs pas très bien développé et je reviendrai sur cette affaire.
Sinon merci à vous pour votre site qui est une bouffée d'oxygène au milieu de tous ces médias plus sexistes les uns que les autres. C'est d'ailleurs peut-être pour ça que j'ai réagi de suite.

isabelle G, oui bien sûr, on est d'accord. D'ailleurs j'adhère totalement à votre article (à vos autres articles aussi, vous m'otez souvent les mots de la bouche). C'est juste que nous vivons dans une société qui occulte sa misogynie et que la moindre porte ouverte susceptible de détourner l'attention du sexisme vers d'autres maux est prise d'assaut et que ça me rend (peut-être un peu trop) épidermique.

femme4femme, merci! L'alienation des victimes. Vaste sujet et vaste problème. En sortira-t-on un jour?

Chez Héloïse a dit…

Non, ton billet est on ne peut plus clair et j'y adhère à 100%.

J'en ai marre aussi qu'on excuse le machisme à chaque époque. Fut un temps, le prolétaire était pardonné de tabasser sa femme parce que, peuchère, il était opprimé par son patron.

Ca suffit cette hypocrisie politico-sociolo-médiatique sur la misogynie: c'est un fléau transversal à toutes les classes sociales, toutes les cultures et toutes les races. Opprimer leur femme est le seul point commun que partagent les hommes de la Terre.

Une petite précision pour femme4femme: dans le cas du patriarcat la victime n'est pas son bourreau, la victime, grâce au processus d'oppression, devient son bourreau. Ca fait Beauvoirien mais la nuance est de taille ... car dans le premier cas, sortir de l'oppression serait un jeu d'enfant puisqu'elle n'existerait même pas ;)

Alice a dit…

Chez Héloïse, merci! J'ai écrit ce billet en 2 minutes à peine suite à ma surprise face à cette déprogrammation. Et c'est exactement ça: alocolo, chômeurs, travailleurs, patron, ouvriers, diplômé, illétré, et tout ce qu'on peut imaginer d'autre, les hommes ont tous ce point commun: avoir une bite qui les autorise à se croire supérieurs.