jeudi 2 octobre 2008

Festival de films Femmes en résistance

Ce festival a eu lieu le week end dernier à Arcueil, dans les très beaux locaux de la salle Jean Vilar.
J'y étais le samedi uniquement. J'ai trouvé ce festival extrêment juste et salutaire. Les sujets abordés étaient pertinents, bien présentés.

En ouverture, 4 courts métrages réalisés par le FIT (Foyer International des Travailleuses de Paris).
Tous étaient percutants. Certains, dont un en particulier, très court, ferait très bien un spot de campagne contre le viol.
Les courts métrages ont les thèmes suivants:

- de la préhistoire à nos jours, l'homme arrive chez lui et donne un poisson à préparer à sa femme. Le même shéma se produit dans les cavernes préhistoriques, les années 20, les années 70 et 2008 où la femme voit le site de "Femmes en résistances" et là, devinez si elle prépare le poisson ou non?

-Des filles sont en classe. Le professeur annonce le sujet du cours: les hommes célèbres.
" Monsieur, et des femmes célèbres, il y a bien dû en avoir?"
Ce à quoi le prof répond: "C'est comme en grammaire: le masculin l'emporte".
Le film se termine par un visuel très percutant: des noms de femmes célèbres qui s'effacent les uns après les autres pour ne former qu'un mot : "Effacées".

-Une femme sort de chez elle dans la cage d'escalier quand elle se sent épiée et suivie. s'ensuit une course poursuite dans les escaliers où la femme tente désespérement de retourner chez elle. Le but du film: toutes les 2 heures, en France, une femme est victime de viol.
J'avais envie de hurler merci pour ce court. Pour rappeler l'innommable au lieu de se voiler la face et d'ignorer l'ampleur des dégâts. Je sais qu'il y aura une diffusion de ces 4 courts métrages le 22 octobre mais j'espère qu'ils seront diffusés un peu partout. Et pourquoi pas à la télé et dans les lycées?

-Une jeune fille marche dans la rue en mini-jupe et subi les commentaires de 2 femmes assises à la terrasse d'un café.
Le message: personne n'a le droit de dire qu'une femme a cherché à être violée.
J'ai aimé le fait que ce soit 2 femmes qui "critiquent" la jeune fille. Les femmes ont souvent tendance à culpabiliser les victimes. Pour ma part je pense qu'il s'agit d'un moyen de protection: dire que la victime est responsable, qu'elle l'a cherché parce qu'elle s'est habillée comme ceci, parce qu'elle est sortie à cette heure là, parce que, parce que, parce...on peut trouver 10000 raisons, et bien si elles ne font pas ça, elles ne seront pas violées. Ce qui est dangereux car non seulement elles ne sont absolument pas protégées et en plus elles culpabilisent les victimes et par là même, déculpabilisent les agresseurs.
Le viol peut toucher TOUTES les femmes, de jour comme de nuit, habillées de toutes façons, dans n'importe quel contexte.

Ces 4 courts métarges portent le titre de J'aime pas les femmes. C'était une excellente introduction à ce festival.
Chapeau bas aux réalisatrices et actrices!
Je suis en train d'écrire sur le sexisme de la langue française et ces courts me poussent à continuer.

2eme film: Looking for Alice
Documentaire très instructif sur Alice Guy, non pas la 1ere femme à avoir réalisé des films de fiction mais bel et bien la 1ere personne à l'avoir fait, hommes et femmes confondu-es.

Alice naît en 1873 en France. Ses parents vivent au Chili mais sa mère veut que l'enfant qu'elle porte soit française. Son père est libraire. Alice reçoit une solide éducation et dévore les livres de la librairie de son père.
Elle devient secrétaire à la Gaumont et obtient de Monsieur Gaumont en personne le droit de réaliser des films mais en-dehors de ses heures de travail. C'est elle qui, la 1ere, va avoir l'idée de filmer des scenettes de fiction. Auparavant, seuls des documentaires faisaient l'objet de tournage.
Elle rencontre un cameraman américain, Herbert Blaché, en tombe amoureuse et le suit aux USA après l'avoir épousé. Ce départ est une des raison de son "effacement" français. Elle connaîtra cependant la gloire aux USA.
L'explication de l'oubli de ses oeuvres et d'elle-même: son départ aux USA qui l'éloigne du public français, le fait qu'à l'époque les bobines n'étaient pas signées donc son nom n'apparaît sur aucun de ses films, son statut de "femme de", son mari étant un producteur connu et reconnu.

Le documentaire fait état d'un film sur Alice Guy réalisé en 1983 par Caroline Huppert: Elle voulait faire son cinéma. Je vais tâcher de le trouver pour le visionner.

La suite du festival dans un autre billet, bientôt :-)

3 commentaires:

Emelire a dit…

c'est hyper hyper intéressant et ça mérite d'être dit (en réunion tiens notamment ;o) J'aimerais revoir ou voir certains de ces films, je ne sais pas s'il y a rediffusion parfois dans Paris, mais mon planning est chargé quand même ... :o( J'adore tous les thèmes qui sont vraiment de la vie pratique et comment ils sont abordés et tu as vraiment raison d'écrire "J'ai aimé le fait que ce soit 2 femmes qui "critiquent" la jeune fille" car perso je n'ai jamais entendu un homme dire un truc comme ça, en revanche des femmes souvent, oui. Et ma propre mère 'les hommes tu sais ils ne peuvent pas s'en empêcher' : que pouvais-je répondre à ça ? !!! c'est bien pour ça que le féminisme s'adresse vraiment à tout le monde ! ;o)

Alice a dit…

A tout le monde comme tu dis! Je vais essayer de me renseigner sur d'eventuelles diffusions et si je sais quelque chose je le relayerai.

alice guy jr a dit…

Voir 75 films d'Alice Guy Blache sur dailymotion wat tv myspace video yahoo video truveo stimoo megavideo youtube rechercher Alice Guy Jr
100 blogs 1000 photos sur:
alice-guy-jr.blogspot.com

rechercher entre autre "Feminisme" film d'Alice Guy (dailymotion) ou les femmes draguent puis "Violent" des hommes ou elles fument le cigare et boivent de l'absinthe tandis que les hommes repassent font de la couture et promènent les enfants; la fin originale ne plaisant pas a Leon Gaumont Alice Guy rajouta une fin plus logique

Alice-Guy Jr arrière arrière petite fille d'Alice Guy Blache
bientot
http://www.alice-guy.org