vendredi 16 janvier 2009

Quand les femmes auront-elles enfin le choix de leur vie?

Un article très intéressant sur les Quotidiennes.

5 commentaires:

Emelire a dit…

du coup je me fais l'incruste chez toi sur le sujet ... j'ai lu l'article... ben que dire ? je pense que "qui peut le plus peut le moins", autrement un droit légal peut ne pas être pris. Mais beaucoup des femmes - professions libérales, commerçantes, travailleuses indépendantes - qui ne le prennent pas, n'ont guère le choix. Elles ont leur clientèle qu'il ne faut pas perdre. Enfin bon ... pour être une femme en profession libérale il faut de toutes manières avoir une bonne résistance à la base.
Je crois aussi qu'actuellement, comme on est en phase de récession, notamment sur le terrain du social, les indicateurs d'alerte ne demandent qu'à clignoter, c'est ce qui s'est passé avec Rachida Dati. Il est vrai aussi que Sarkozy, en brandissant un énorme dossier de justice au moment-même où sa ministre accouchait, a fait ce que font beaucoup de patrons. C'est souvent le moment où la nouvelle secrétaire arrive, où comme par hasard ton bureau déménage, où on change la serrure sans te donner la clé, où un gros client débarque ... bref pas facile. Le monde est fait par et pour les hommes, et les hommes n'ont pas d'utérus. Ce qui nous est demandé est donc implicitement, si nous voulons exister dans ce monde d'hommes, ... d'en être.
L'exemple de la médecin galériste ne me fait pas rêver du tout. En revanche ce que j'ai lu des pays scandinaves avec vrais congés maternité et paternité, meilleure implication des entreprises et modes de garde, me fait vraiment envie. Mais il est trop tard pour moi (d'aller accoucher en Suède !!! ;o)

Emelire a dit…

hum ... un peu intriguée quand même par cet article, j'ai cherché un peu via internet... Il m'est revenu que le congé maternité était très très récent en Suisse, effectivement il date de 2005 seulement, donc l'auteure de l'article n'aurait pu, de toutes manières, en bénéficier. D'autre part, Barbara Polla est aussi une femme politique libérale ... ce qui peut-être, explique cela. C'est aussi une scientifique de très haut niveau, au parcours tout à fait exceptionnel, et perso je trouve ça un peu malhonnête qu'elle ne s'en explique pas plus dans l'article, elle n'est pas dans la situation de la plupart des femmes ...

«Impliquée dans la politique nationale suisse depuis 1991, elle est d’abord Conseillère municipale en ville de Genève de 1991 à 1993, puis députée au Grand conseil genevois de 1993 à 1999[1], et enfin Conseillère nationale de 1999 à 2003[2]. Connue pour son indépendance, elle quitte le Parti libéral genevois en 2007. Elle continue de promouvoir activement ses idées libérales par l’intermédiaire de la presse (L’Agefi et Tribune de Genève).» (sur Wikipedia)

"Depuis juillet 2005, un congé maternité fédéral payé est mis en place, et permet aux travailleuses de percevoir une indemnité après leur grossesse."
http://www.travailler-en-suisse.ch/html/conges-maternite-suisse.html

enfin bon, c'était pour resituer un peu l'article et la prise de position de cette femme...

Alice a dit…

Ah ben ça, je ne savais que le congé mater est récent en Suisse. Quoique j'aurais du m'en douter avec un pays où en 1975 les femmes ne votaient toujours pas pour tout...
Je comprends très bien ce que tu dis et je suis d'accord. C'est clair que tout a été fait par des hommes et par conséquent pour eux. Les femmes n'ont qu'à s'adapter.
Je ne dis pas que le congé mater ne soit pas important. Bien sûr qu'il en faut un, je ne remets pas du tout ce droit en cause. Ce qui m'énerve c'est qu'on prenne l'exemple d'une femme Ministre de surcroît et qu'on la juge sur sa vie strictement privée. Ca m'énerve qu'elle soit qualifiée directement de mauvaise mère. Il y a des mères qui restent tous les jours, toutes les heures, toutes les minutes, toutes les secondes avec leur enfant et pourtant...je n'en dirait pas plus mais j'en connais une comme ça qui n'était pourtant pas une si bonne mère, au contraire...
Je comprends cette peur des femmes de devoir retourner de plus en plus tôt au boulot par peur de perdre leur emploi mais dans ce cas pourquoi lyncher les femmes qui retournent au travail avant ces 16 semaines? Il me semble qu'il faudrait plutôt pointer du doigt les patrons qui rechignent à employer des femmes et leur font remarquer leur absence mater.
Donc pour le cas de Dati, haro possible sur Sarko et son dossier magistrat en plein accouchement de sa Ministre mais pas sur Dati. Ce n'est pas elle la fautive dans l'histoire. Du moins c'est ce que je pense. C'est cette intrusion dans la vie privée des gens et surtout des femmes qui m'insupporte. Intrusion suivie immédiatement d'un jugement: c'est une mauvaise mère. Attendons que sa fille ait au moins 20 ans pour lui demander si sa mère a été une bonne mère ou non.
Surtout que pour un homme, personne ne dira de lui que c'est un mauvais père parce qu'il retourne au boulot.Ni même si il ne donne ni le biberon ni change les couches. Il passera sans doute pour le macho rigolo de la famille et s'ensuivrait de bonnes plaisanteries bien grasses (je connais ça).
Pour le texte, tu fais bien de dire qu'il faut le remettre dans son contexte. Il m'a paru intéressant malgré tout car c'est le seul que j'ai trouvé en favuer du "foutez la paix à Dati et respectez sa vie privée".

Emelire a dit…

J'avais été assez étonnée au départ, naïve que j'étais, sur le sexisme de la Suisse ! :o(
Sinon je saisis bien ton agacement. En fait les choses ne sont pas faciles, de la maternité obligatoire au choix le plus vrai possible, en passant par les goûts et aspirations de chacune, le fait que la grossesse, l'accouchement et les premiers mois de vie d'un enfant soient des moments qui fragilisent une femme, physiquement ... et en même temps c'est un pouvoir énorme, que celui de porter un enfant et de transmettre la vie ... ceci on nous le fait "payer", et c'est utilisé pour nous cantonner dans certaines taches, certains boulots. C'est pas évident de ne pas jeter le bébé (c'est le cas de le dire !) avec l'eau du bain. La maternité a été vue comme un esclavage, et franchement sans contraception moderne je pense que ça l'était, à un "choix" mais aussi cela reste un diktat. Auparavant il n'y avait pas d'échappatoire, les femmes étaient mariées ou dans les ordres ... maintenant les choses sont moins tranchées, mais ça reste la norme d'avoir des enfants ... et de se coltiner la plupart du boulot. Pour Dati je reste néanmoins persuadée que ça donne une très mauvaise image de nos droits. Mais cela n'a rien à voir avec Dati en particulier, les autres ministres femmes auraient probablement fait pareil à sa place ... elle n'ont guère d'autre choix. Moi c'est ça qui me gène, pour être unE politique, faut faire comme si on était un homme, parce que ce sont eux qui dictent tout. Tu sais dans le monde du travail réel, le problème est plutôt de pouvoir prendre ses congés mater et garder son boulot ... que de revenir illico au bureau ... Il ne fait vraiment pas bon être mère !
D'un côté la société pousse les femmes à faire des enfants, mais ensuite, c'est vraiment 'marche ou crève'. Un peu comme on enjoint aux femmes d'être sexy pour les traiter de salope après. C'est tout à fait enfermant comme rôle. Bon ben ... souhaitons-nous bon courage ! :o)

Alice a dit…

"faut faire comme si on était un homme"
Ben c'est tout à fait ça. On nous pardonne un peu d'être des femmes si on se comporte en homme. C'est pour ça que je ne met pas Dati responsable mais bien le système patriarcal. Dati n'est qu'un exemple symptomatique de l'absurdité et de l'injustice de ce système.