vendredi 28 mai 2010

La danse pour les filles?

Tant qu'il s'agit de porter un tutu rose, oui, assurement.
Quand il s'agit de créer la danse et la faire vivre, c'est autre chose.

Petit test: Si je vous demande de me citer un nom de danseur ou de danseuse, le 1er nom qui vous vient à l'esprit, honnêtement vous répondez qui?

Des danseuses, il y en a eu pléthores. Certaines sont devenues de véritables légendes, c'est vrai. Mais qui leur a permis d'être sur le devant de la scène?
Les chorégraphes. Or, jusqu'au 20eme siècle, les chorégraphes sont des hommes. Petipas, Saint Leon, Bournonville, Corrali et Perrot: les grands classiques sont l'oeuvre exclusive d'hommes. Etrange pour une discipline féminine, où les danseurs sont relégués au rang de "porteurs" de ces dames.

Heureusement, quelques pionnières ont cassé le moule: Isadora Duncan (c'est sans doute pas pour rien qu'elle était aussi féministe), Loïe Fuller, Bronislava Nijinska (à ne pas confondre avec Nijinski!), Martha Graham. Elles sont toutes des monuments de la danse mais proportionnellement, que représentent-elles par rapport à tous les chorégraphes hommes?
Et aujourd'hui ce n'est pas très reluisant non plus. Un exemple? Les Centres Chorégraphiques Nationaux. Ils sont au nombre de 19 en France.
Sur ces 19 centres, 14 sont dirigés par des hommes, 1 par 1 homme ET une femme, 4 par des femmes.

Ces 4 CCN sont:
Angers: Emmanuelle Huyn
Montpellier: Mathilde Monnier
Rillieux-la-Pape: Maguy Marin
Rouaix: Carolyn Carlson

Et comme dans tous les domaines il y a de grandes oubliées. Jeanine Charrat par exemple. Grande danseuse et chorégraphe, on ne se souvient d'elle que pour sa carrière de danseuse.

Pourquoi ce plafond de verre quant à la création lorsqu'elle est féminine? Les femmes ne peuvent-elles qu'interpréter?
On l'a vu recemment pour le Festival de Cannes. Des actrices ah oui bien sûr! Et Palmables en plus! Mais des réalisatrices? Non, nada!

Alors, la danse? Un truc entre filles?

3 commentaires:

Shane a dit…

En équitation, en loisir on a une énorme majorité de cavalières, dès qu'on passe au niveau compèt' : majorité d'hommes. Idem pour les jokeys, que des mecs, les propriétaires de clubs, des hommes le plus souvent. Seuls les moniteurs / monitrices semblent connaître plus ou moins la parité...
(ça me fait un peu penser à la cuisine, si on le fait chez soi, en loisir, il s'agit pour beaucoup de femmes, dès qu'on passe au niveau pro, les grands chefs sont quasi tous des hommes)

Gabrielle a dit…

tu as tout à fait raison...les exemples de l'équitation et de la cuisine sont tout aussi frappants.
c'est comme la médecine aussi: 60% de femmes parmi les admis au concours de 1e année, mais les métiers les plus prestigieux, chirurgiens, neurologues, etc...pour les hommes.

Alice a dit…

Shane, les moniteurs/trices ça fait partie de la pédagogie donc de l'éducation donc d'une affaire de femmes. C'est peut-être pour ça qu'il y a la parité?

Gabrielle, de toute façon, dans tous les domaines, dès que ça devient "sérieux" ça se masculinise, même si àa la base c'est plutôt féminin.